Bruxelles, 30/09/2015 (Agence Europe) - La Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Federica Mogherini, a souligné, mardi 29 septembre, qu'elle voyait une base commune pour des discussions pour une solution en Syrie.
« Il y a des efforts diplomatiques (cette semaine en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York) pour commencer la transition politique ou quelques changements dans la vie démocratique de la Syrie. Je vois qu'autour de ce processus politique qui inclue tous les Syriens qui refusent le terrorisme et veulent combattre de manière unie le terrorisme il pourrait y avoir un espace politique pour de nouvelles initiatives dans les prochaines semaines », a-t-elle expliqué lors d'un point presse. « J'ai entendu, de différents acteurs, des récits différents, mais cela peut mener à une base commune pour des efforts diplomatiques communs », a-t-elle ajouté.
Les occidentaux divisés sur la place à donner à Bachar el-Assad
À New York, Mme Mogherini a aussi rencontré le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov. « Sur la Syrie et la Libye, ils ont convenu de la nécessité de soutenir les efforts de l'ONU par des solutions politiques pour les deux crises », ont expliqué les services de Mme Mogherini dans un communiqué. Cependant, l'UE et la Russie ont des points de vue différents sur le futur rôle de Bachar el-Assad. Le 28 septembre, Catherine Ray, porte-parole de la Haute Représentante, a rappelé que, « vu la façon dont Bachar el-Assad a été impliqué dans la guerre civile », il était « impossible qu'il fasse partie de la future gouvernance du pays ». Pour le président russe, Vladimir Poutine, refuser de coopérer avec M. Assad serait une « énorme erreur ».
Les Européens sont divisés à ce sujet. Selon des médias britanniques, le Premier ministre David Cameron pourrait revenir sur son opposition à ce que M. Assad joue un rôle dans un gouvernement de transition. « Il faut parler avec de nombreux acteurs, et cela implique M. Assad, mais il y en a d'autres », avait déclaré, pour sa part, la chancelière allemande, Angela Merkel, le 23 septembre. Mais pour le président français, François Hollande, M. Assad est « à l'origine du problème » et ne peut « pas faire partie de la solution ». Une enquête pénale pour crimes contre l'humanité a été ouverte en France visant le régime de M. Assad pour des exactions commises entre 2011 et 2013.
Dans son discours devant l'Assemblée générale des Nations unies, mardi 29 septembre, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a souligné que M. Assad n'était pas la solution en Syrie. « Le cercle des partisans de l'idée que Bachar el-Assad devrait faire partie de la transition de la Syrie grandit. Pourtant, nous ne pouvons pas oublier que des millions de personnes ont fui ses méthodes horribles pour essayer de garantir la stabilité en Syrie. Au cours de mes voyages dans la région, on m'a dit que la victoire d'Assad conduirait à un nouvel exode. L'intention et le seul but d'un plan de paix pour la Syrie doivent être de rendre possible pour les gens de reprendre une vie normale dans la région », a-t-il expliqué. « Nous voulons tous voir des États stables dans la région (…). Mais la stabilité ne peut pas être gagnée avec des bombes et des armes chimiques utilisées contre les civils », a-t-il ajouté. (Camille-Cerise Gessant)