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Bulletin Quotidien Europe N° 11392
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

Asile, des demandes en hausse de 85% sur un an, les Syriens en tête

Bruxelles, 18/09/2015 (Agence Europe) - Plus de 210 000 personnes (213 200) ont déposé une première demande d'asile dans l'UE au cours du deuxième trimestre 2015 (avril à juin), a indiqué, vendredi 18 septembre, l'office statistique européen, Eurostat, soit un taux en hausse de 15% par rapport au premier trimestre 2015 et surtout de 85% par rapport au deuxième trimestre de l'année 2014.

Selon Eurostat, un tiers de ces nouveaux demandeurs d'asile venaient de Syrie ou d'Afghanistan. « En particulier, le nombre de Syriens et d'Afghans a considérablement augmenté pour atteindre respectivement quasiment 44 000 et 27 000 personnes. Ils constituent les deux principales nationalités des primo-demandeurs d'asile dans l'UE au deuxième trimestre 2015 », précise Eurostat dans un communiqué.

Les ressortissants kosovars, qui constituaient la première nationalité des primo-demandeurs d'asile au cours des trois premiers mois de 2015, ont vu leur nombre chuter, poursuit Eurostat, passant de près de

50 000 personnes au premier trimestre 2015 à un peu plus de 10 000 au deuxième trimestre 2015. Plus d'un demandeur d'asile sur 3 avait introduit son dossier en Allemagne. Au cours du deuxième trimestre, le plus grand nombre de primo-demandeurs a en effet été enregistré dans ce pays avec 80 900 demandes, soit 38% du total de demandes introduites dans l'UE. La Hongrie arrive en seconde position avec 32 700 demandes, soit 15% du total. Viennent ensuite l'Autriche (17 400, 8%), l'Italie (14 900, 7%), la France (14 700, 7%) et la Suède (14 300, 7%).

Par rapport au premier trimestre 2015, c'est surtout aux Pays-Bas, en Lettonie, en Autriche et en Finlande qu'ont été observées les plus fortes augmentations des demandes, avec respectivement des hausses de 159%, 123%, 79% et 67%. Le Danemark a aussi enregistré une hausse de 66%.

Quant au taux de primo-demandeurs d'asile par habitant, c'est en Hongrie qu'il est le plus élevé, avec 3 317 primo-demandeurs d'asile par million d'habitants. Suivent l'Autriche, la Suède et l'Allemagne. Les taux les plus faibles sont en revanche observés en Slovaquie (pays réfractaire au système de répartition proposé par la Commission), avec 5 demandeurs par million d'habitants, en Croatie (6), en Roumanie (19), en Slovénie (20), en Lituanie (21) et au Portugal (24) ainsi qu'en République tchèque (26). Au second trimestre 2015, la moyenne européenne était de 420 primo-demandeurs d'asile par million d'habitants.

Toujours selon Eurostat, la plupart des Syriens ayant déposé leur dossier au deuxième trimestre l'avaient fait en Allemagne (16 300 sur les 44 000 demandes syriennes), en Hongrie (8 400), en Autriche (5 300) ainsi qu'en Suède (3 900). Au total, poursuit Eurostat, les Syriens constituaient la principale nationalité des demandeurs d'asile dans dix États membres. L'Afghanistan (27 000 primo-demandeurs d'asile, soit 13% du total de l'UE) était la deuxième nationalité des demandeurs et plus de la moitié d'entre eux avaient déposé leur demande en Hongrie. Avec 7 700 demandes, l'Albanie constituait la 3ème nationalité des demandeurs sur ce second trimestre.

La question de la répartition des demandeurs d'asile entre les pays de l'UE sera abordée à nouveau mardi 22 septembre par les ministres européens de l'Intérieur qui se pencheront à nouveau sur le mécanisme de relocalisation d'urgence. Vendredi 18 septembre, le ministre allemand des Affaires étrangères, Franz-Walter Steinmeier, a d'ailleurs menacé les pays récalcitrants (Slovaquie, République tchèque essentiellement ) d'un vote à la majorité qualifiée. « Si ce n'est pas possible autrement, alors nous devrons envisager la possibilité de recourir à un vote à la majorité qualifiée » des pays de l'UE, a indiqué le chef de la diplomatie allemande, a rapporté l'AFP. La Commission européenne espère, elle, toujours obtenir une décision associant l'ensemble des États membres.

Cette réunion précèdera un Sommet extraordinaire convoqué mercredi 23 septembre. Officiellement, ce Sommet ne devrait pas traiter de la répartition des 120 000 demandeurs d'asile telle que demandée par la Commission, mais se concentrer sur un agenda mêlant Affaires étrangères et budget, a expliqué une source vendredi. Il s'agirait de parler des causes de la crise migratoire en se penchant sur les situations syrienne, libyenne ou encore sur la coopération avec la Turquie. La partie 'budget' consistera à trouver de nouveaux moyens pour les agences européennes comme Frontex chargées du renforcement des frontières extérieures. (Solenn Paulic)

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