Bruxelles, 30/06/2015 (Agence Europe) - Les grandes banques européennes n'évaluent pas suffisamment les risques auxquels les entreprises sont exposées du fait de facteurs environnementaux ou sociaux comme le changement climatique, la raréfaction de l'eau ou la production durable, selon une étude de KPMG Sustainability, publiée jeudi 25 juin.
Cet état de fait nuit à la société et va à l'encontre d'une responsabilité sociale des banques tout comme des profits que celles-ci peuvent réaliser, montre l'étude «Ready or not: An assessment of sustainability integration in the European banking sector” (Prêt ou pas: une évaluation de l'intégration de la durabilité dans le secteur bancaire européen), réalisée avec le soutien du WWF International auprès de douze grandes banques européennes.
Selon les auteurs, les banques devraient évaluer de manière approfondie dans quelle mensure les questions environnementales et sociales pourraient créer des risques pour leurs entreprises clientes, mais des opportunités aussi, et avoir un impact sur les besoins en financement des entreprises.
« Par exemple, les entreprises dans le secteur de l'énergie sont confrontées à des risques financiers croissants puisque l'énergie renouvelable devient de plus en plus compétitive. Cela pourrait avoir un impact significatif sur la capacité de remboursement des emprunts des entreprises d'énergie conventionnelle. En outre, pour un grand nombre de ces entreprises, passer à des énergies plus propres crée un besoin en financement substantiel. En outre, pour ce qui concerne les facilités de crédit, les banques ne prêtent pas suffisamment attention aux initiatives d'entreprises visant à améliorer l'environnement et le développement de nouveaux marchés, produits et services », explique Barend van Bergen de KPMG Sustainability.
Sans compter, ajoute-t-il, que la transparence du rôle social des entreprises devient de plus en plus importante. Les analystes et les investisseurs veulent en effet comprendre les risques auxquels les banques sont confrontées avec les investissements susceptibles d'être mis sous pression, comme le financement des activités liées au travail des enfants ou à d'autres violations des droits humains.
L'étude montre que les banques appréhendent les questions de durabilité par le petit bout de la lorgnette, en se limitant à définir les activités qu'elles sont prêtes à financer et celles qu'elles ne souhaitent pas financer. «Le secteur bancaire dans son ensemble n'a pas encore de réponse stratégique pour gérer les risques matériels liés aux réalités environnementales et sociales, qui pèsent sur les entreprises. Elaborer une telle approche c'est ce qui permettra au secteur bancaire de passer d'une posture réactive à un rôle proactif », renchérit Maria Boulos, directrice du département 'engagement des entreprises' au WWF International. (Aminata Niang)