Bruxelles, 30/06/2015 (Agence Europe) - Le commissaire européen en charge des Migrations et des Affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos, a proposé, mardi 30 juin, l'aide de la Commission à la Hongrie pour l'aider à faire face aux flux de migrants.
Le pays, via la route de la Grèce et de la Bulgarie, a connu l'une des plus fortes arrivées de migrants depuis le début 2015, selon Frontex, avec 50 000 détections de migrants irréguliers entre janvier et fin mai 2015, a comptabilisé l'agence, ce qui représente une hausse de 880% par rapport à la même période en 2014. Si les migrants venaient au départ principalement du Kosovo, ils arrivent désormais d'Afghanistan, d'Irak et de Syrie.
Lors d'un déplacement à Budapest, le commissaire a annoncé au ministre de l'Intérieur, Sándor Pintér, et au ministre des Affaires étrangères et du Commerce, Péter Szijjártó, que la Commission allait déployer des équipes 'hotspots' (le dispositif a été présenté en mai dans l'Agenda européen sur les migrations) pour aider le pays à traiter les demandes d'asile et à renvoyer vers leur pays les migrants qui ne seraient pas susceptibles d'obtenir la protection.
Comme le veut le concept de 'hotspot' qui devrait aussi être déployé en Italie et en Grèce, des membres d'Europol, d'EASO et de Frontex viendront sur place aider les autorités hongroises à enregistrer les migrants, prendre leurs empreintes et les interviewer pour s'assurer qu'il ne s'agit pas de demandes d'asile abusives, détaille la Commission. Celle-ci va également apporter une aide supplémentaire de 8 millions d'euros au pays et a activé le mécanisme européen de protection civile pour offrir des solutions d'abri temporaire (des tentes) aux réfugiés.
Concernant le mécanisme de 'répartition' de 40 000 demandeurs d'asile, approuvé dans ses principes la semaine dernière par les chefs d'État et de gouvernement européens, le commissaire européen a encore rappelé que la situation particulière de la Hongrie serait prise en compte. Selon certains observateurs, cela signifie que Budapest pourrait avoir le droit d'accueillir moins de migrants que les proportions que la Commission avait initialement affectées à la Hongrie. La Bulgarie devrait aussi disposer d'un statut particulier, comme l'ont suggéré les Vingt-huit dans leurs conclusions. (Solenn Paulic)