Luxembourg, 23/06/2015 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères des pays européens qui participent aux négociations sur le nucléaire iranien (Royaume-Uni, France, Allemagne) ont rappelé, lundi 22 juin, les « lignes rouges » à ne pas franchir pour un accord sur cette thématique. Avec la Haute Représentante, ils ont rencontré le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, « pour faire le point », selon une source européenne.
« Nous ne pouvons faire de compromis sur les lignes rouges absolues que nous avons dessinées. Si nous trouvons un accord, il doit être vérifiable (car) il y a un manque de confiance des deux côtés », a expliqué le ministre britannique, Philippe Hammond. « Nous voulons tous voir un accord robuste et véritable qui assure un programme exclusivement civil », a-t-il précisé.
M. Hammond a expliqué que « seule une pleine vérification, la possibilité pour l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de confirmer que les deux parties respectent leurs engagements, pourra régénérer cette confiance à l'avenir ».
Pour son homologue français, Laurent Fabius, un accord « robuste » doit comporter la limitation dans la durée des capacités iraniennes de recherche et de production, un régime de vérification poussée, y compris, si c'est nécessaire, sur les sites militaires, et prévoir le retour automatique aux sanctions en cas de violation par Téhéran de ses engagements.
En arrivant à Luxembourg, M. Zarif avait appelé « toutes les parties » à « éviter d'avoir des demandes excessives hors des cadres internationaux ». L'Iran rejette la perspective d'inspections de ses sites militaires. M. Hammond a dit « comprendre la sensibilité » de Téhéran.
Une période « tout à fait décisive »
« Nous sommes au début d'une période tout à fait décisive », mais « nous n'avons pas encore touché au but », a considéré, pour sa part, le ministre allemand, Frank-Walter Steinmeier. « Il y a un certain nombre de domaines où nous ne sommes pas parvenus à un accord complet », a ajouté M. Hammond, précisant que, comme dans toutes ces négociations, « à la fin, il fallait du donnant-donnant » et que les Iraniens devaient faire preuve d'« un peu de flexibilité ».
« Maintenant, les points clés doivent être retranscrits dans un document final et ce n'est pas une mince affaire, car les discussions dans le détail ont fait surgir certains obstacles », a prévenu M. Steinmeier. Il a espéré que les Iraniens « évoluent sur les questions clés et que, tous ensemble, nous parvenions à un point final ».
Les ministres s'étaient mis d'accord pour que la rédaction de l'accord final continue au niveau des directeurs politiques et qu'un maximum de points soient clos au niveau technique avant que les ministres ne se rencontrent, pour ne s'occuper que des points très politiques, selon une source européenne. Une rencontre qui pourrait avoir lieu, selon M. Hammond « plus tard cette semaine, ce week-end, au début de la semaine prochaine ». Le 23 juin, la directrice politique de l'UE, Helga Schmid, et les ministres adjoints des Affaires étrangères, Abbas Araghchi et Madjid Takht Ravanchi, se sont une nouvelle fois réunis à Vienne, et les directeurs politiques de l'E3 + 3 devraient les rejoindre plus tard dans la semaine.
À la sortie de ses réunions, le ministre iranien s'est montré assez optimiste. « S'il y a cette volonté politique d'accepter les réalités et d'avancer sur la base de ce sur quoi on s'est mis d'accord à Lausanne (début avril, ndlr), alors il est possible que nous terminions d'ici la date butoir (du 30 juin, ndlr) ou quelques jours après », a-t-il expliqué tout en précisant que les prochains jours seraient « difficiles ». Les négociations se tiendront à Vienne, a précisé la source européenne. (Camille-Cerise Gessant)