Bruxelles, 23/06/2015 (Agence Europe) - Les ministres européens des Affaires étrangères ont plaidé, dans des conclusions adoptées lors d'une réunion à Luxembourg, lundi 22 juin, pour une coopération politique et économique accrue avec l'Asie centrale, tout en insistant sur l'importance de la démocratisation, du respect des droits de l'homme et de l'État de droit et du développement socio-économique.
Dans ses conclusions, le Conseil salue les « progrès importants » réalisés dans l'essor des relations avec les pays d'Asie centrale (Kazakhstan, Kirghizistan, Ouzbékistan, Tadjikistan et Turkménistan) après huit ans de mise en oeuvre de la stratégie à l'égard de la région adoptée en 2007. Dans ce contexte, le Conseil salue la conclusion et la paraphe de l'accord de partenariat et de coopération renforcé avec le Kazakhstan, de même que l'entrée en vigueur de l'accord de partenariat et de coopération avec le Turkménistan, où il souhaite la mise en place d'une délégation de l'UE « dès que possible ».
S'il juge les principaux objectifs et priorités de la stratégie de 2007 « encore pertinents », le Conseil plaide toutefois pour le renforcement des liens commerciaux et énergétiques entre les deux régions. En matière commerciale, il souligne le rôle de l'UE dans la promotion d'un climat d'investissement attractif et d'un cadre juridique stable et transparent en Asie centrale doublés d'un partenariat social, en s'appuyant sur les progrès réalisés par les pays de la région dans leur processus d'adhésion à l'OMC. Dans le domaine de l'énergie, le Conseil plaide pour une intégration accrue des marchés de la région entre eux et aux marchés internationaux, et il souligne la volonté de l'UE d'étendre son projet de 'corridor gazier sud' dans la région.
Le Conseil plaide aussi pour une coopération accrue en matière de sécurité, incluant la gestion durable des ressources naturelles. En matière de sécurité, le Conseil encourage la poursuite des dialogues avec les pays de la région en matière de lutte contre le terrorisme et la radicalisation et de lutte contre le trafic de drogue et la criminalité organisée, et en associant davantage l'Afghanistan. Pour les ressources naturelles, notamment l'eau, le Conseil prône des cadres régionaux de dialogue et une adhésion plus large aux conventions internationales et aux principes juridiques régissant les ressources transfrontalières.
Les Vingt-huit insistent aussi sur « l'importance fondamentale » de la démocratisation, du respect des droits de l'homme et de l'État de droit et du développement socioéconomique en Asie centrale. À cette fin, ils promettent d'« intensifier leurs efforts » pour faire face aux « graves menaces » qui pèsent sur les droits de l'homme dans la région, en approfondissant les dialogues en la matière et en continuant à fournir un soutien important aux réformes. En matière de bonne gouvernance, le Conseil insiste sur le nécessaire renforcement de la capacité de l'administration publique et des autorités locales à promouvoir un développement économique et social durable et une gestion transparente des ressources publiques en Asie centrale.
Avec plus du doublement des fonds pour la coopération de l'UE avec l'Asie centrale pour la période 2014-2020 par rapport à la période 2007-2013 (1,068 milliard d'euros, en hausse de 56%), les conditions à la poursuite de l'action de l'UE dans la région sont « favorables », conclut le Conseil. (Emmanuel Hagry)