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Bulletin Quotidien Europe N° 11341
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ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) uem

Réaction mitigée au rapport des '5 présidents'

Bruxelles, 23/06/2015 (Agence Europe) - Plusieurs groupes politiques du Parlement européen ont réagi à chaud à la présentation, lundi 22 juin, du rapport des '5 présidents' dévoilant une feuille de route sur l'achèvement de l'Union économique et monétaire (UEM).

Le groupe S&D voit d'un bon oeil « le signal » politique des présidents de la Commission européenne, du Conseil européen, de la BCE et de l'Eurogroupe en faveur d'un renforcement de l'Union économique et monétaire (EUROPE 11340). Néanmoins, la Portugaise Maria Joao Rodrigues est d'avis que le rapport n'aborde pas suffisamment la dimension sociale de l'UEM qui devrait être déclinée, selon elle, dans un « pacte social » mettant fin à l'affaiblissement actuel des normes sociales et renforcé par une capacité budgétaire propre à la zone euro. « On demande aux États membres de s'engager en faveur d'un agenda de réformes restreint aux questions liées aux marchés du travail, en négligeant l'innovation, l'éducation et l'efficacité énergétique en tant que sources de productivité », souligne-t-elle. La Française Pervenche Berès a espéré que le Parlement européen sera en mesure, mercredi 24 juin, d'accroître le niveau d'ambition politique en requérant notamment des « améliorations substantielles à la prévention des déséquilibres macro-économiques » ainsi qu'une plus grande légitimité démocratique de la gouvernance économique au sein de la zone euro (EUROPE 11336).

Au nom du groupe ADLE, le Belge Guy Verhofstadt s'est félicité que des idées libérales aient été reprises dans le rapport telles que la mise sur pied d'un « trésor européen » et la création d'un « code de convergence » économique à travers lequel des objectifs maximums et minimums seraient fixés dans certaines politiques. Il a préconisé à la Commission d'accélérer la présentation de propositions législatives basées sur la méthode communautaire, notamment celle visant à achever l'union bancaire à travers un mécanisme européen de garantie de dépôts. Les Libéraux regrettent toutefois l'absence de toute référence à l'achèvement du marché intérieur et à la création d'un « fonds de rédemption » qui permettrait de gérer en commun le stock de dette dépassant 60% du PIB pour chaque pays de la zone euro. Ils craignent que les élections prévues en 2017 en Allemagne et en France ralentissent le processus annoncé d'intégration accru.

Le groupe Verts/ALE critique un rapport « faible » qui se contente d'insister sur un renforcement de l'existant tel que le processus budgétaire du 'Semestre européen' et la procédure pour déséquilibres macro-économiques. « Le rapport des 5 présidents campe dans un déni de réalité inquiétant. Aucune union monétaire n'est viable sans mécanismes de solidarité financière, qui passent par une union budgétaire - un budget commun alimenté par une fiscalité commune - et/ou par une union sociale - un embryon de sécurité sociale commune, l'une et l'autre exigeant une légitimité démocratique robuste », a considéré son président, le Belge Philippe Lamberts. Il a dénoncé la vision étriquée du rapport focalisé sur la compétitivité, « au sens le plus étriqué du terme puisqu'il vise exclusivement à l'atteindre par la réduction des coûts directs et indirects du travail ». Idem pour l'abandon de toute ambition en matière de mutualisation des dettes publiques.

Mise en garde des syndicats. La Confédération européenne des syndicats (CES) a rejeté en bloc l'idée formulée de création d'autorités nationales de compétitivité qui analyseraient les politiques salariales dans les États membres. « Il n'est pas question que les syndicats acceptent qu'un organe indépendant des partenaires sociaux donne son avis sur les négociations salariales. Ce serait ouvrir la porte à un conflit majeur. La fixation des salaires fait partie du rôle des partenaires sociaux », a prévenu la secrétaire générale de l'organisation, Bernadette Ségol. Et de préciser que ces autorités, qui existent déjà en Belgique et aux Pays-Bas, relèvent des employeurs et des syndicats. Et d'estimer « très révélateur » que, « 8 ans après une crise causée par le secteur financier, des conseils en matière de salaires des travailleurs soient considérés comme étant la solution alors que les rémunérations des dirigeants d'entreprise, les contrats zéro heure, l'évitement fiscal des multinationales ou le dumping social ne sont pas évoqués ». (Mathieu Bion)

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