Bruxelles, 22/06/2015 (Agence Europe) - L'Eurogroupe a demandé aux institutions de mener un examen approfondi des nouvelles propositions grecques, lundi 22 juin, dans l'espoir d'un accord plus tard cette semaine. La rencontre de l'Eurogroupe suivait surtout la procédure (tout sommet de la zone euro nécessite sa préparation par les ministres). En effet, ayant reçu seulement lundi matin la dernière mouture des nouvelles concessions grecques, les institutions (Commission, BCE, FMI) n'étaient pas en mesure de livrer une analyse détaillée de son contenu aux ministres.
« Compte tenu du peu de temps que les institutions ont eu (pour étudier les propositions grecques), elles nous ont donné une première impression et l'Eurogroupe les a appelées à travailler en étroite collaboration avec les autorités grecques, à se pencher immédiatement sur ces propositions, rentrer dans leurs spécificités, faire des calculs et commencer à travailler sur une liste d'actions préalables ('prior actions') », a déclaré en conférence de presse le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem. Selon lui, les parties doivent travailler au niveau technique dans l'optique d'arriver à un accord plus tard cette semaine. Le vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis, a déjà déclaré via son compte Twitter qu'une seconde réunion des ministres devrait avoir lieu cette semaine. Il semblerait logique que cela ait lieu avant le Sommet régulier des chefs d'État et de gouvernement, jeudi 25 juin, afin que le dossier grec ne soit plus dans leur chemin. Cette réunion de l'Eurogroupe pourrait se tenir jeudi matin, selon le ministre irlandais des Finances, Michael Noonan.
Selon une source proche des négociations, si les positions convergeaient en ce qui concerne les objectifs budgétaires, il serait notamment attendu des Grecs plus de précisions sur la réforme des retraites, la fiscalité des entreprises et la TVA. Sur ce dernier point, la nouvelle proposition grecque établirait la TVA sur les médicaments et les livres à 6% et l'électricité à 13%. Sur les retraites, il s'agirait de supprimer les mécanismes de préretraite dès 2016 et l'EKAS, une prime destinée aux retraites inférieures à 700 euros par mois, dès 2018.
À son arrivée à l'Eurogroupe, Michael Noonan a déclaré qu'il y avait eu des confusions pendant la nuit, avec une version alternative des propositions arrivée lundi matin, après une première mouture dimanche soir. M. Dijsselbloem a toutefois estimé que les deux versions étaient très similaires. Une source de l'eurozone a estimé que cette nouvelle liste de propositions était plus longue, chiffrée et non plus une simple « collection d'idées ».
Si la Commission a réagi favorablement à ce nouvel apport grec, certains ministres, à l'instar de l'Allemand, Wolfgang Schäuble, ont insisté sur le fait qu'ils voulaient l'avis commun des trois institutions.
Le ministre finlandais, Alexander Stubb, a souligné la perte en termes de 'miles aériens' causée par le fait que les ministres des Finances et les dirigeants de la zone euro avaient fait le chemin jusque Bruxelles alors qu'aucune percée n'était espérée de sa part.
À noter également que la BCE a à nouveau relevé le plafond des aides d'urgence aux banques grecques et devrait à nouveau se pencher sur leur situation ce mardi. (Elodie Lamer)