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Bulletin Quotidien Europe N° 11340
Sommaire Publication complète Par article 16 / 30
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) rÉgions

Promouvoir les atouts locaux et un cadre économique sain (C. Cretu)

Bruxelles, 22/06/2015 (Agence Europe) - La commissaire à la Politique régionale, Corina Cretu, entend combler les carences des régions en retard, notamment des nouveaux pays adhérents, en corrigeant leur cadre économique et en promouvant principalement leurs atouts spécifiques avec une approche de collaboration entre pairs. Dans une interview recueillie à Sofia le 16 juin dernier, elle a précisé à EUROPE cette vision pour l'emploi des fonds européens dans la période de programmation 2014-2020. (Propos recueillis par JC).

Agence Europe - Comment décririez-vous la politique des fonds européens, telle que vous la concevez pour la période 2014-2020 ?

Corina Cretu - Nous avons un nouveau règlement et devons l'appliquer. Je veux diriger ces fonds dans des projets qui créent de la croissance et de l'innovation, et qui contribuent à fermer le 'infrastructure gap'. L'idée de ce nouveau règlement est d'aider chaque région à se concentrer sur ses meilleurs atouts et d'y opérer une 'spécialisation intelligente'. C'est pour cela que j'ai lancé le programme de 'peer to peer' TAIEX: parce que chaque région a des atouts différents et peut les partager avec les autres.

Ce nouveau règlement opère également un lien entre la gouvernance économique et la politique régionale, via la clause de 'macro-conditionnalité'. Les Socialistes et Démocrates, auxquels vous appartenez, s'y opposent. Quelle est votre position sur ce point ?

Premièrement, je dois dire que la politique régionale n'a pas de couleur politique. Quand je visite des pays de l'UE, je ne pose pas de question sur l'appartenance politique de mes interlocuteurs. Pour cette politique, en effet, tous les partis doivent travailler ensemble. Il s'agit d'investissements pour les dix prochaines années, pas de politique politicienne.

Concernant la clause de macro-conditionnalité elle-même, son but est d'assurer un bon environnement d'investissement. Certaines régions d'Europe sont en retard sur ce point, et on le voit bien quand on y investit. Dans ce cas, nous essayons de trouver la raison de ce retard, et quelquefois, cette raison est liée au cadre économique. Et dans ce cas, nous ne pouvons pas continuer à travailler avec ce cadre...

Vous avez annoncé récemment la mise en place d'un groupe de haut niveau dédié à la simplification (EUROPE 11331). Pouvez-vous préciser le but de ce groupe ?

L'idée est de s'attaquer au fardeau administratif imposé par la gestion des fonds européens. C'est particulièrement important pour les PME, qui évitent quelquefois les fonds européens à cause de cet excès de bureaucratie. Nous voulons trouver le bon équilibre entre la simplification de ces procédures et le maintien de sauvegardes suffisantes pour éviter la fraude.

Pour finir, un mot sur la Bulgarie: ce pays est-il efficace, pour la gestion des fonds européens ? Sur quels sujets devrait-il se spécialiser ?

Durant mon déplacement ici, nous avons adopté les deux derniers programmes opérationnels pour 2014-2020. Les autorités bulgares veulent améliorer le réseau TEN-T, elles souhaitent soutenir les petites entreprises et la recherche. Elles prévoient aussi d'investir dans l'efficacité énergétique des bâtiments - ce qui n'a pas seulement un aspect esthétique, mais aussi un effet sur la facture ! Les autorités bulgares sont aussi très bonnes pour l'utilisation d'instruments financiers. Enfin, je dois souligner qu'elles ont souscrit à 'l'initiative PME'.

Mais, en Bulgarie, les besoins restent plus importants que les fonds disponibles. J'encourage donc les autorités bulgares à utiliser le 'plan Juncker' d'investissement.

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