Luxembourg, 22/06/2015 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères des États membres de l'UE ont réitéré « avec force » leur appel, lundi 22 juin, à toutes les forces politiques du Liban « à prendre des mesures décisives » pour élire un nouveau président et à mettre la stabilité du Liban et l'intérêt national avant la politique partisane. Le Liban est sans président depuis plus d'un an (EUROPE 11321). « Ce vide présidentiel prolongé pose de plus en plus de risques sévères pour le pays dans son ensemble », souligne le Conseil dans ses conclusions.
Ainsi, pour les ministres, l'impasse institutionnelle affecte de plus en plus la capacité du Liban à relever les défis de sécurité, économiques et sociaux résultant du conflit en Syrie. « Comme la situation sécuritaire continue de se détériorer en particulier à la frontière est, les coûts de l'impasse institutionnelle se développent de jour en jour », soulignent les ministres. Le Conseil rappelle l'importance de la continuité des institutions, en particulier dans le secteur de la sécurité et militaire. « Les forces politiques libanaises ont une responsabilité majeure dans ce domaine », ajoute-t-il.
Le Conseil appelle tous les membres du Parlement à se réunir pour élire « sans plus attendre » un président conformément à la Constitution. Ils appellent ainsi toutes les parties à permettre au gouvernement de fonctionner correctement, « y compris les nominations aux principales charges publiques ».
L'UE demande également au Parlement de répondre à des questions législatives urgentes, « y compris la mise en oeuvre de l'aide internationale », rappelant aussi que la mise en oeuvre et la coordination de cette assistance nécessitent une prise de décision « efficace » par le gouvernement. L'impasse institutionnelle a un impact négatif sur l'économie du pays et il est « de plus en plus difficile » pour les donateurs d'opérer au Liban « dans de telles conditions », préviennent les ministres. L'UE encourage le Liban à avancer sur les réformes économiques et sociales, « notamment l'adoption du budget national ». (Camille-Cerise Gessant)