Luxembourg, 15/06/2015 (Agence Europe) - Le Premier ministre italien, Matteo Renzi, a menacé ses partenaires européens, dimanche 14 juin, de mettre en place un « plan B » qui ferait surtout « mal à l'Europe », si l'Italie n'est pas mieux soutenue par l'UE pour faire face à l'afflux de migrants. « Si l'Europe choisit la solidarité, c'est bien. Si elle ne le fait pas, nous avons un plan B tout prêt, qui frapperait cependant surtout l'Europe en premier », a-t-il dit, alors que ce dossier est à l'ordre du jour du Conseil 'Justice/Affaires intérieures', ce mardi 16 juin (EUROPE 11334).
Irrité par les hésitations des États membres concernant les propositions présentées par la Commission européenne dans le cadre de son Agenda européen sur les migrations, le Premier ministre n'a pas détaillé ses plans, même si cela pourrait prendre la forme d'une demande financière ou de la délivrance de titres de séjour pour permettre aux migrants de circuler dans Schengen, comme Silvio Berlusconi l'avait fait en 2011, lors du Printemps arabe. M. Renzi aurait aussi soulevé la possibilité de repousser les bateaux de migrants et de les empêcher d'arriver en Italie.
La crise « ne doit pas être sous-estimée. C'est un problème sérieux et, que ce soit bien clair, les réponses de l'Europe jusqu'à maintenant n'ont pas été suffisamment bonnes », a déclaré Matteo Renzi dans une interview au Corriere della Sera. «Répartir seulement 24.000 personnes (sur 40 000 proposées par la Commission le 27 mai), c'est presque de la provocation », a dit le Premier ministre. Plus de 57 000 migrants et demandeurs d'asile ont été secourus en mer et accueillis par l'Italie depuis le début de cette année, contre 54 000 à la même période de l'année 2014, a indiqué le Premier ministre qui compte mettre la pression sur ses partenaires dans la perspective du Sommet européen de la fin juin.
Interrogée lundi, la Commission européenne a rappelé qu'elle attendait une décision des ministres. « Une décision doit être prise maintenant », a réagi Natasha Bertaud, porte-parole du commissaire Dimitris Avramopoulos (Migration, Affaires intérieures et Citoyenneté), espérant par ailleurs que les ministres de l'Intérieur, mardi 16 juin, donneront un soutien politique à l'Agenda européen sur les migrations.
Sur la question plus sensible de la répartition des migrants, le commissaire européen a également prévu de réunir mardi matin en amont de la réunion les ministres de l'Intérieur italien, allemand et français, MM. Alfano, De Maizière et Cazeneuve, a encore annoncé la porte-parole. (Solenn Paulic)