Bruxelles, 15/06/2015 (Agence Europe) - Le président de la BCE, Mario Draghi, a réitéré son appel en faveur d'un « saut qualitatif » visant à renforcer l'architecture de l'Union économique et monétaire (UEM), lundi 15 juin, lors d'un dialogue monétaire avec la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen principalement focalisé sur la situation en Grèce (voir autre nouvelle).
Avec les difficultés qu'ont connues la Grèce et d'autres pays de la zone euro ayant fait l'objet d'un sauvetage financier, il est clair que l'UEM est « une construction inachevée », a déclaré M. Draghi, plaidant pour « un saut qualitatif en matière de processus d'intégration ». Il a également reconnu la difficulté qu'éprouvent les gouvernements à convaincre l'électorat des avantages qu'apporteraient de nouveaux transferts de souveraineté dans les domaines économique et budgétaire au niveau européen. « Certains sacrifices, certaines formes de pauvreté, du chômage sont la conséquence de crises dues à cette construction inachevée » de l'UEM, a-t-il indiqué.
Le président de la BCE a également évoqué la question des effets indésirables potentiels de l'assouplissement quantitatif ('quantitative easing' ou QE) (EUROPE 11316). Il a réfuté les accusations selon lesquelles les déclarations relatives au QE du membre du directoire de la BCE Benoît Coeuré, dont certains acteurs de marché avaient bénéficié de la primeur, constituaient un dysfonctionnement grave, voire un véritable changement dans la politique monétaire de l'Institut de Francfort. Des mesures additionnelles ont été mises en place afin de garantir, en toute circonstance, une publication généralisée des informations sur les activités de la BCE, a assuré M. Draghi. Et de rappeler les prévisions de la BCE en termes de croissance (1,5% en 2015 ; 1,9% en 2016 ; 2,0% en 2017) et d'inflation (0,3% en 2015 ; 1,5% en 2016 ; 1,8% en 2017). (Mathieu Bion)