Bruxelles, 05/06/2015 (Agence Europe) - Le directeur général de l'OMC, Roberto Azevedo, a fait part aux ministres du Commerce des pays de l'OCDE ainsi qu'à la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, jeudi 4 juin à Paris, de sa préoccupation face à la lenteur des progrès dans les domaines clés des négociations du round de Doha. Au siège de l'OMC, à Genève, les blocages sur les questions agricoles freinent en effet les discussions sur les produits industriels.
Lors de la ministérielle OCDE jeudi, M. Azevedo a réitéré ses inquiétudes formulées le 1er juin devant les chefs de délégation de l'OMC. « Alors que je me sens conforté par le bon engagement que nous avons vu ces derniers mois, je m'inquiète de plus en plus du fait que nous ne progressons pas pour convenir d'un agenda de travail en juillet. Cela est vrai en particulier dans les domaines clés de l'agriculture, des produits industriels et des services. J'ai entendu aujourd'hui des positions clairement divergentes sur certaines de ces questions. Il est vital que nous trouvions rapidement une convergence, si nous voulons obtenir des résultats à la fois significatifs et réalisables. Je vais faire tout mon possible pour soutenir les membres afin de trouver un moyen d'avancer », a expliqué M. Azevedo, après la réunion. « J'ai dit aux ministres que nous approchions vite du point où les appels politiques seront nécessaires. Il est encourageant à cet égard d'entendre un fort soutien des ministres à l'OMC et l'importance qu'ils attachent au succès de la réunion de Nairobi », a-t-il ajouté.
La ministre kenyane des Affaires étrangères, Amina Mohamed, qui présidera la conférence de Nairobi, a adressé un « message clair » sur la nécessité d'y obtenir des résultats. « Il y avait un fort accent lors de la discussion sur l'importance des questions de développement et des PMA », a ajouté M. Azevedo.
Dans la foulée du mini-accord de Bali conclu en décembre 2013 et de l'accord sur la mise en oeuvre de l'accord sur la facilitation des échanges (TFA) dégagé fin 2014, les pays membres de l'OMC doivent établir d'ici le 31 juillet un programme de travail sur les principaux volets du round de Doha - agriculture, produits industriels, services, règles - pour rendre possible un accord politique global à Nairobi.
Le président du comité OMC de négociation sur les biens industriels (accès aux marchés pour les produits non agricoles), l'ambassadeur suisse Remigi Winzap, a prévenu, le 1er juin, qu'il sera très difficile d'obtenir enfin des propositions formelles pour faire avancer les discussions, si aucun progrès n'est accompli en matière agricole. Au cours de la réunion, de nombreux pays en développement ont confirmé leurs réticences à s'engager pleinement dans les pourparlers sur les biens industriels tant que le niveau d'ambition sur le volet agricole ne sera pas clarifié. Certains d'entre eux ont souligné leur inquiétude devant l'absence d'avancées sur le traitement spécial et différencié et d'autres flexibilités pour leur catégorie de pays.
L'agenda de Doha est inscrit à l'ordre du jour des discussions des dirigeants du G7, lors du sommet de Schloss Elmau, les 7 et 8 juin, auquel se joindra M. Azevedo lundi.
Baisse spectaculaire du coût des échanges avec le TFA, selon l'OCDE. La mise en oeuvre de l'accord sur la facilitation des échanges (TFA) de l'OMC pourrait se traduire par une baisse de 12,5% à 17,5% du coût des échanges dans le monde, une baisse dont les pays en développement seraient les principaux bénéficiaires, selon l'édition 2015 des indicateurs de facilitation des échanges (IFE) élaborés par l'OCDE, et présenté jeudi à Paris.
Le coût des échanges englobe l'ensemble des coûts tarifaires et non tarifaires, dont le transport, les coûts liés aux procédures aux frontières et à la distribution locale, encourus entre le producteur dans un pays et l'utilisateur final dans un autre pays.
Les pays qui mettront en oeuvre le TFA dans son intégralité verront le coût de leurs échanges baisser de 1,4 à 3,9 points de pourcentage de plus que ceux qui n'appliqueront que les prescriptions minimales de l'accord. Les possibilités de réduction du coût des échanges sont les plus importantes dans les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, selon l'OCDE.
Le TFA comprend un ensemble de règles contraignantes pour simplifier et alléger les procédures douanières et ainsi faciliter les flux commerciaux. Il entrera en vigueur une fois que les deux tiers des pays membres de l'OMC auront achevé leur processus de ratification interne. (Emmanuel Hagry)