Bruxelles, 05/06/2015 (Agence Europe) - L'eau offre un potentiel énorme pour l'économie circulaire et c'est potentiellement une mine d'or pour la croissance, l'emploi et la protection de l'environnement, une mine d'or que l'UE serait avisée d'exploiter pleinement, ont estimé des experts européens du secteur de l'eau, réunis en Crète vendredi 5 juin.
D'où l'appel pressant qu'ils ont lancé à la Commission européenne pour qu'elle intègre l'eau dans le nouveau paquet 'Économie circulaire' attendu avant la fin de l'année et soumis, pour l'heure, à une consultation publique exploratoire (EUROPE 11324).
Les experts d'EurEau - la voix des entreprises publiques et privées d'eau potable et de traitement des eaux résiduaires - jugent que le paquet 'Économie circulaire' initial, qui se focalisait sur la gestion des déchets, menaçait de manquer les nombreuses opportunités offertes par le secteur, comme la récupération de nutriments pour l'agriculture, la récupération du gaz pour alimenter des réseaux d'énergie et un recours accru au traitement et à la réutilisation de l'eau.
Le secteur de l'eau contribue actuellement à hauteur de quelque 33 milliards d'euros par an à l'économie de l'UE et fournit bien plus que 500 000 emplois, mais, selon EurEau, il a le potentiel de faire bien plus.
« Il faut que la Commission européenne libère ces opportunités par une combinaison de mesures législatives et d'incitants pour créer des marchés. Cela pourrait conduire à la création de milliers d'emplois dans toute l'Europe », a affirmé Bruno Tisserand, président de la commission des eaux résiduaires d'EurEeau.
Figurent au nombre des mesures que préconise le secteur:
- la gestion des boues pour assurer la synergie entre la directive sur les boues d'épuration et la directive-cadre sur l'eau et promouvoir l'utilisation des boues d'épuration comme fertilisants (actuellement dans l'UE 39% seulement des biosolides municipaux sont recyclés dans l'agriculture, ce qui est insuffisant, eu égard au nombre de fertilisants utilisés pour la production agricole, estime EurEau) ;
- la création d'incitants pour stimuler la récupération et l'utilisation du phosphore provenant des boues d'épuration, le phosphore figurant sur la liste des matières premières critiques pour l'UE ;
- la récupération d'énergie pour encourager la mise au point et la mise en oeuvre de solutions innovantes pour optimiser et récupérer l'énergie provenant des stations d'épuration et de traitement des eaux résiduaires. (Aminata Niang)