Bruxelles, 05/06/2015 (Agence Europe) - La Commission européenne a estimé, vendredi 5 juin, que la décision de la Grèce de retarder ses paiements au FMI à la fin du mois était « en ligne avec les règles » de l'organisation internationale et ne remettait « pas en question la capacité d'un État membres à honorer ses obligations financières ».
Le FMI avait annoncé, jeudi soir, avoir reçu une demande du gouvernement grec pour regrouper les paiements dus en juin (1,6 milliard d'euros). Cette possibilité offerte par le FMI avait été utilisée par la Zambie dans les années 1980. À la question de savoir si le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, en avait informé le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, mercredi soir lors d'un dîner, le porte-parole de la Commission, M. Schinas, a répondu que la Commission avait pris note des déclarations publiques à ce sujet faites par M. Tsipras, lequel avait dit aux journalistes de « ne pas s'inquiéter ».
M. Schinas n'a toujours par ailleurs pas pu donner de date à laquelle M. Juncker inviterait à nouveau Alexis Tsipras pour discuter du dossier grec, qui mobilise les 'institutions' et les autorités grecques depuis trois mois, sans résultats suffisants. Un porte-parole du ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a pour sa part affirmé qu'à la demande de son homologue grec, Yanis Varoufakis, une rencontre pourrait avoir lieu à Berlin mardi prochain. M. Tsipras s'est quant à lui entretenu au téléphone, jeudi soir, avec la chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, François Hollande. L'instance préparatoire de l'Eurogroupe, ('Euro working group'), a également été informée, jeudi. M. Tsipras devait en faire de même devant le parlement national, vendredi soir. Il était attendu que le dossier grec surgisse lors du Sommet du G7 en Bavière, pendant le week-end.
Vendredi, le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a souhaité des contre-propositions solides de la part des Grecs. Le ministre adjoint de la sécurité sociale, Dimitris Stratoulis, a déclaré le même jour que la ligne dure adoptée par les 'institutions' (Commission, BCE, FMI) allait pousser le gouvernement aux élections. Un sondage révélé vendredi par Alco montre que 45% des Grecs veulent que le gouvernement accepte un accord, même si cela signifie des compromis.
À noter que le Financial Times a publié un document grec décrivant les idées d'Athènes pour réduire la dette grecque. (Elodie Lamer)