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Bulletin Quotidien Europe N° 11329
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) amÉrique latine

Un sommet pour « revigorer » les relations bi-régionales

Bruxelles, 05/06/2015 (Agence Europe) - Les Européens espèrent que le prochain sommet entre l'Union européenne et l'Amérique latine et les Caraïbes, programmé les mercredi 10 et jeudi 11 juin à Bruxelles, sera l'occasion de donner un nouveau coup de fouet aux relations bi-régionales.

Le sommet sera organisé autour de trois sessions spécifiques. Afin de démontrer la vigueur des relations bi-régionales, les participants mettront en avant la réalisation de projets concrets lors de leur première session de travail. Est citée par exemple la volonté de stimuler le trafic Internet entre l'Europe et l'Amérique latine par la pose d'un câble sous-marin de fibre optique. Certains interlocuteurs trouvent en effet « inconfortable » la situation actuelle où les connexions Internet transitent via les États-Unis, a indiqué un haut fonctionnaire européen, vendredi 5 juin. Les opportunités cofinancées par l'UE en matière de recherche et d'innovation et d'échange d'étudiants seront également à l'honneur.

Le sommet évoquera également les grandes questions multilatérales sur lesquelles les positions des Européens et Latino-américains sont souvent proches. Seront ainsi abordés les enjeux liés à la politique de développement, aux changements climatiques (en vue de la conférence onusienne de Paris de décembre 2015) et à la lutte contre le trafic de drogue (session onusienne spéciale prévue en 2016).

Venezuela. Restreinte aux leaders, une 3ème session de travail permettra de soulever des questions régionales ou internationales leur tenant à coeur. Même si, officiellement, la situation dans un pays en particulier n'est pas à l'ordre du jour, la crise politique vénézuélienne pourrait être abordée à cette occasion, a indiqué ce haut fonctionnaire, alors que la participation au sommet UE/CELAC du président populiste vénézuélien, Nicolás Maduro, était incertaine, vendredi (EUROPE 11274 et 11261).

Réunie jeudi 4 et vendredi 5 juin, l'Assemblée parlementaire euro-latino-américaine (EuroLat), a échoué à adopter une déclaration commune justement à cause de la question vénézuélienne. Le socialiste espagnol Ramón Jáuregui a fait part de son « inquiétude profonde » vis-à-vis de la situation dans le pays, appelant à la libération des prisonniers politiques et à des élections anticipées.

Sur les 60 pays participants, une « quarantaine » de chefs d'État ou de gouvernement ont déjà confirmé leur participation, dont le Brésil, l'Allemagne, l'Espagne et la France. En revanche, à l'instar de la présidente argentine, Cristina Kirchner, le leader Cubain, Raúl Castro, ne devrait pas être présent à Bruxelles. À noter toutefois qu'aura lieu les 15 et 16 juin à Bruxelles une nouvelle session de négociation entre Européens et Cubains en vue de la conclusion, fin 2015, d'un accord de coopération (EUROPE 11300).

D'autres rencontres à haut niveau auront lieu en marge du sommet. Jeudi 11 juin, les présidents du Conseil européen, Donald Tusk, et de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, se réuniront en effet avec les représentants des pays d'Amérique centrale (SICA). Parmi les sujets abordés figurent les questions liées à la sécurité des citoyens dans des pays où la violence perpétrée par le crime organisé continue d'entretenir un climat d'insécurité. Les Européens tiendront également une réunion spécifique avec les représentants du Forum des pays caribéens. Vendredi 12 juin, un sommet UE/Mexique devrait être l'occasion d'exprimer une volonté partagée de moderniser l'accord global de 1997 qui régit les liens politiques et commerciaux bilatéraux depuis 2000, et d'entendre la stratégie du président mexicain, Enrique Peña Nieto, visant à affronter le défi sécuritaire auquel son pays est confronté.

UE/Mercosur, meilleure compréhension. La question des laborieuses négociations pour un accord de libre-échange entre l'UE et le Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay et Venezuela) sera discutée entre les dirigeants des pays concernés. « Nous espérons pouvoir confirmer les progrès des discussions visant à redynamiser le processus de négociation », a expliqué cette source diplomatique. « Nous avons désormais une meilleure compréhension de ce que nous pouvons faire et ne pas faire. Nous sommes plus proches aujourd'hui sur ce qui est possible et ce qui ne l'est pas », a-t-elle précisé (EUROPE 112322 et 11283).

L'UE et le Mercosur négocient depuis 1999 un accord d'association incluant un accord de libre-échange. Après un gel de six ans, les pourparlers ont été relancés en 2010. L'échange des offres sur l'accès au marché, qui couvrent les produits agricoles et industriels, mais aussi les services et les marchés publics, n'est toujours pas intervenu, malgré l'engagement pris en ce sens au niveau ministériel en janvier 2013.

2017. La Bolivie souhaite organiser le prochain sommet UE/CELAC en 2017. Le Chili, qui entretient un conflit frontalier avec le pays andin, serait réticent à cette idée et pousse pour une candidature du Honduras.

Plusieurs rencontres bi-régionales de la société civile ont eu ou auront lieu en marge du sommet entre chefs d'entreprises, responsables de médias et réseaux de la société civile. (Mathieu Bion et Emmanuel Hagry)

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