Bruxelles, 04/05/2015 (Agence Europe) - L'Algérie a officiellement réagi, et avec agacement, à l'adoption, jeudi 30 avril, par le Parlement européen, d'une résolution qui évoque « l'incarcération de militants des droits de l'homme et des travailleurs ». Elle évoque des arrestations depuis janvier dernier de militants de droits de l'homme et de syndicalistes. Le Parlement y « invite » la Commission et la Haute Représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité ainsi que les États membres à s'assurer de l'existence d'une « politique européenne claire à l'égard de l'Algérie ».
Dans une déclaration formelle, le porte-parole du ministère algérien des Affaires étrangères rejette cette « action initiée par un groupuscule connu pour avoir versé dans l'agitation médiatique pour servir des desseins inavouables et contraires à la volonté clairement affichée par l'Algérie et l'UE d'aller de l'avant ». Ces « 35 sur les 751 » eurodéputés ont usé, selon Alger, d'une « escroquerie procédurale » - une « procédure d'urgence » - pour faire adopter un texte jugé contraire à l'intérêt de l'UE à coopérer avec ce pays pourvoyeur de pétrole, gaz et qui offre son marché potentiellement important. C'est en « réel décalage » avec cet intérêt, affirme le porte-parole algérien. Sa déclaration prend nettement la forme d'un avertissement: « Le fait choisi comme prétexte par les auteurs de cette résolution renseigne tant sur leur acharnement à vouloir porter préjudice à l'atmosphère sereine qui caractérise le dialogue » entre l'Algérie et l'UE que sur « les limites de leur vision quant aux intérêts mêmes de l'UE ».
Finalement conciliant, il affirme que ces « vaines tentatives de quelques détracteurs, qui se trompent d'époque et d'adversaire, ne peuvent en aucun cas altérer et, encore moins remettre en cause, la marche résolue de l'Algérie et de l'UE vers la consolidation du partenariat mutuellement avantageux que projette l'Accord d'association ».
Le commissaire européen à l'Action climatique et à l'Énergie, Miguel Arias Canete, est attendu mardi 5 mai à Alger pour lancer le 'dialogue à haut niveau sur l'énergie' avec ce pays. Une visite qui sera probablement affectée par l'effet de ce « coup de froid » entre Bruxelles et Alger, comme le notent les médias du pays. (Fathi B'Chir)