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Bulletin Quotidien Europe N° 11307
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) Économie

Le groupe S&D présente sa vision d'une UEM plus démocratique

Bruxelles, 04/05/2015 (Agence Europe) - Les sociaux-démocrates du Parlement européen souhaitent participer activement à la réflexion en cours sur le renforcement de l'Union économique et monétaire (UEM) qui culminera avec le rapport spécifique des '4+1 présidents' au sommet européen de juin.

« Les défauts inhérents à l'élaboration initiale de la monnaie unique ont rendu les effets de la crise économique plus profonds et plus longs et ils ont généré des coûts économiques, des souffrances sociales et des tensions politiques énormes à l'intérieur des États et entre États membres. (…) L'union monétaire doit être complétée par des unions économique, budgétaire et bancaire. Cette avancée doit aller main dans la main avec une légitimité démocratique accrue », a déclaré la Portugaise Maria João Rodrigues (EUROPE 11266).

Dans le document qu'il a adopté, le groupe S&D fait les propositions suivantes: - renforcer la légitimité démocratique des processus décisionnels ; - favoriser une coordination économique plus étroite à travers la fixation d'objectifs budgétaires annuels au niveau de la zone euro ; - assurer un suivi 'équilibré' des déséquilibres macro-économiques, qu'il s'agisse de déficits ou d'excédents des comptes courants des États membres ; - fixer des normes sociales communes et instaurer une assiette commune et consolidée sur l'impôt des sociétés afin d'éviter « une course au moins-disant dans les domaines social et fiscal » ; - introduire une capacité budgétaire spécifique à une zone euro dotée d'une capacité d'endettement afin d'aider un pays à absorber les chocs économiques asymétriques et stimuler l'investissement notamment à caractère social.

L'objectif de cette prise de position est de s'interroger sur la manière d'avancer le plus loin possible « sans modifier le traité », indique-t-on au sein du groupe parlementaire. « Le problème essentiel, ce sont les déséquilibres entre les États », a ajouté cette source. Selon elle, s'il n'y a pas un minimum d'intégration économique à court terme, « on court à la catastrophe »: la croissance est faible, le chômage est élevé et il faudra du temps pour que le plan 'Juncker' d'investissement produise ses effets. Quant à la question posée de la mutualisation d'une partie de la dette des pays de la zone euro, il n'est plus question, au sein du groupe S&D, de demander la mise sur pied d'un 'fonds de rédemption' qui serait chargé de gérer en commun la partie excessive (supérieure à 60% du PIB) de la dette publique (EUROPE 10528).

Afin de renforcer la légitimité de l'UEM, les sociaux-démocrates appellent à une véritable « offensive démocratique » au niveau européen qui redonnerait tout son crédit à la méthode communautaire. Notamment, le rôle de la Commission au sein de l'Eurogroupe devrait être renforcé, en attribuant au commissaire compétent un rôle de « coordinateur » à la hauteur du président de l'Eurogroupe. Ce rôle accru de la Commission serait contrebalancé par l'obligation de rendre des comptes au Parlement européen. En outre, le Mécanisme européen de stabilité (MES), le fonds de sauvetage permanent de la zone euro actuellement basé sur un accord intergouvernemental, devrait être transformé en un instrument communautaire à part entière.

Sous la houlette de Pervenche Berès (S&D, française), la commission des affaires économiques et monétaires du PE élabore ses propositions sur le renforcement de l'UEM, un nouvel échange de vues étant programmé mercredi 6 mai sur la question. (Mathieu Bion)

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