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Bulletin Quotidien Europe N° 11303
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) maroc

La tomate de nouveau sous pression

Bruxelles, 27/04/2015 (Agence Europe) - Le système de prix d'entrée des fruits et légumes marocains sur le marché européen, entré en vigueur en octobre 2014 après une période de crise, donne pleine satisfaction, selon une évaluation du ministère de l'Agriculture marocain relayée par les médias du royaume.

Cette satisfaction n'est toutefois pas partagée par les professionnels du pays. Ils le font savoir publiquement, ce qui annonce probablement un nouveau rebondissement dans les relations euro-marocaines, souvent conscrites aux rapports tumultueux Rabat-Madrid. Et cela intervient à la veille d'une visite de la ministre espagnole de l'Agriculture, de l'Alimentation et de l'Environnement, Isabel Garcîa Tejerina, qui doit assister à la 8ème édition des Assises de l'agriculture, à Meknès dès ce lundi 27 avril.

Dans un communiqué, jeudi 23 avril, le ministère a dit constater une « application rigoureuse permettant un suivi efficace des prix de l'origine Maroc». « Le Maroc et l'UE s'accordent à dire que ce nouveau système est transparent et juste pour tous les opérateurs ». Un « relevé quotidien des VFI (valeur forfaitaire d'importation, ndlr) durant cette campagne a d'ailleurs fidèlement traduit les prix observés sur les marchés de l'UE », se félicite le département de l'Agriculture et de la Pêche maritime dans son communiqué.

Les producteurs et exportateurs de tomates sont moins enthousiastes. « Nous avons subi ce nouveau système sans à aucun moment être consultés par les autorités (...), nous ne pouvons qu'attendre la fin de la campagne en cours pour dresser un bilan des impacts de ce nouveau mécanisme », rapporte la presse citant le vice-président de la Fédération interprofessionnelle des fruits et légumes à l'export (FIFEL), Omar Mounir.

Alors que le ministère affirme que « les prix réalisés par le Maroc ont été meilleurs cette saison », pour la FIFEL l'inverse est constaté. Selon la même source, les prix relevés « ne sont pas représentatifs », plutôt des « pics ponctuels sur de courtes périodes et sur de petites quantités ». Pour M. Mounir, « si l'on calculait correctement la moyenne, les prix tourneraient plutôt autour de 0,6 euro par kilo» que 0,8 euro d'après le gouvernement. (Fathi B'Chir)

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