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Bulletin Quotidien Europe N° 11303
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) ogm

Testbiotech va contester les décisions d'autorisation de la Commission

Bruxelles, 27/04/2015 (Agence Europe) - 17 OGM destinés à l'alimentation humaine ou animale pourront bientôt être importés dans l'UE pour dix ans en toute légalité. Jamais la Commission européenne n'avait autorisé en une seule fois autant d'OGM dans l'UE, s'alarme l'organisation Testbiotech (Institute for Independent Impact assessment in Biotechnology - Institut pour des évaluations d'impact indépendantes dans le domaine des biotechnologies) qui compte attaquer ces décisions d'autorisation prises vendredi 24 avril (EUROPE 11302) devant la Cour de Justice de l'UE. Elle dispose d'un délai de six semaines pour le faire.

Préoccupée par des insuffisances dans l'évaluation des risques, cette ONG allemande qui promeut la recherche indépendante et l'éthique dans les biotechnologies a fait connaître ses intentions lundi 27 avril.

« Les risques des plantes génétiquement modifiées n'ont pas fait l'objet d'investigations suffisantes et les facteurs de risques combinatoires de ces plantes, dans l'hypothèse où celles-ci entreraient ensemble dans un régime alimentaire, n'ont pas été évalués du tout. Négliger l'évaluation adéquate des risques des plantes génétiquement modifiées et autoriser massivement ces OGM accroissent les risques et les incertitudes dans la chaîne alimentaire », a déclaré Christoph Then, de Testbiotech.

Au nombre des incertitudes, l'ONG fait valoir notamment que: - sept des plantes nouvellement autorisées ont été génétiquement modifiées pour résister à des herbicides, alors que les résidus des pulvérisations et leurs effets combinés n'ont pas été pris en compte ; - trois des colzas ont subi une modification de la composition de l'huile en vue de bénéfices allégués pour la santé, mais l'impact réel sur la santé humaine ou animale n'a jamais été testé ; - le maïs a été génétiquement modifié pour être plus tolérant à des conditions de sécheresse, mais il semble qu'il ne présente aucun avantage comparé à des variétés de maïs analogues issues de la sélection classique. Il y a en revanche certaines incertitudes quant aux risques, car l'on ne sait pas comment le gène qui provient d'une bactérie opère dans les plantes, ce qui rend difficile de prédire des effets secondaires non intentionnels, souligne Testbiotech. En outre, ces variétés de maïs héritent aussi d'un gène marqueur de résistance aux antibiotiques qui devrait pourtant être évité, selon la réglementation de l'UE.

Testbiotech est particulièrement critique à l'égard de l'autorisation de commercialisation du colza transgénique de Monsanto, qui est susceptible de se disséminer de manière incontrôlée dans l'environnement pendant le transport.

Alors que les experts de plusieurs États membres avaient critiqué des lacunes dans l'évaluation des risques par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), la Commission a ignoré ces critiques, préférant proposer une nouvelle réglementation pour donner aux États membres un droit d'opt out. Or, en l'absence de possibilité d'invoquer des motifs sanitaires pour justifier leurs décisions d'interdiction, «il sera quasiment impossible de défendre ces mesures au plan juridique », affirme Tesbiotech.

L'ONG va déposer une plainte contre les décisions de la Commission, comme elle l'a déjà fait précédemment, notamment dans une affaire actuellement devant la Cour de justice. Testbiotech avait contesté la décision d'autorisation d'une nouvelle variété de soja transgénique de Monsanto vendue et cultivée au Brésil sous le nom commercial d'Intacta, mais destinée à être importée dans l'UE pour l'alimentation animale et humaine. Ce soja produit une protéine insecticide et est tolérant aux herbicides. (Aminata Niang)

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