Bruxelles, 23/04/2015 (Agence Europe) - Les ministres européens des Finances feront le point, vendredi 24 avril à Riga, sur la situation économique dans l'Union européenne et s'interrogeront sur les moyens de stimuler les réformes et l'investissement.
Sera notamment discutée la façon de lever les barrières à l'investissement à la lumière des différentes expériences nationales. À cet effet, la Commission européenne a rédigé une note étudiant les goulots d'étranglement à l'investissement. Dans cette note, elle rappelle la nécessité d'agir en simultanée aux niveaux national et européen. L'UE doit davantage renforcer le marché unique, alors que les États doivent lever les barrières réglementaires - ou autres - à l'investissement.
Les ministres alimenteront leur réflexion avec une note de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) qui liste les réformes structurelles qui ont été réalisées et celles qu'il reste à faire. L'organisation internationale énonce un certain nombre de réformes à l'impact bénéfique immédiat ('quick win'): stimuler l'investissement (le financement est une chose, mais intégrer les marchés des capitaux en est une autre), soutenir les PME et l'entrepreneuriat (exemple: promouvoir des titres financiers de PME adossés à des actifs), stimuler le commerce et remettre les Européens au travail.
Haro sur la complaisance. Dans une lettre au président en exercice du Conseil Ecofin, Janis Reirs, le président du Comité économique et financier (CEF) du Conseil de l'UE, Thomas Wieser, explique que, malgré l'embellie constatée, il ne faut en aucun cas s'arrêter en chemin mais plutôt assurer des progrès continus par le biais des réformes structurelles et d'une consolidation budgétaire favorable à la croissance. À court terme, les perspectives de croissance semblent reprendre du rythme, mais à long terme « nous devons être vigilants contre le risque d'un horizon moins favorable », écrit M. Wieser. En mai juin, le processus budgétaire du 'Semestre européen' devra entraîner une traction politique forte, ajoute-t-il. Parmi les risques identifiés figurent le surendettement et le volume des prêts toxiques dans les bilans des banques. Bien que l'environnement des taux d'intérêts bas bénéficie à l'économie de l'UE, « nous faisons aussi face aux risques découlant de ce choix de politique avec peu de marge de manoeuvre pour les contrebalancer », écrit M. Wieser. Et le président du CEF de pointer le secteur bancaire parallèle, dont les fragilités, si elles ne sont pas traitées, pourraient se propager au secteur financier.
Samedi, les ministres plancheront sur la création d'une union des marchés de capitaux (UMC) qui vise à renforcer les sources de financement autres que bancaires, alors que l'intermédiation bancaire compte en Europe pour 75% des sources de financement de l'économie réelle (EUROPE 11256). Le Conseil Ecofin adoptera en juin des conclusions sur ce chantier qui prévoit notamment de revigorer la titrisation. Il évoquera aussi les travaux en cours sur la lutte contre l'optimisation fiscale (EUROPE 11299). (Elodie Lamer)