Bruxelles, 26/03/2015 (Agence Europe) - Violeta Bulc, commissaire aux Transports, a déclaré, mercredi 25 mars, « ne pas être en mesure de fournir de réponse précise » concernant la légalité de l'application du salaire minimum allemand aux chauffeurs routiers en transit. Elle a répondu, en plénière à Bruxelles, à une question de Marita Ulvskog (S&D, suédoise), qui voulait des précisions sur ce sujet et sur les mesures que la Commission envisageait de prendre pour protéger les droits sociaux des transporteurs routiers.
Mme Bulc a répondu que ses services étudiaient encore les précisions envoyées par le gouvernement allemand (EUROPE 11266). « L'évaluation juridique est complexe, puisqu'elle doit prendre en compte les traités européens, ainsi que plusieurs textes, comme celui relatif aux travailleurs détachés. De plus, il faut étudier cette question dans le contexte de la libéralisation des transports routiers », a-t-elle dit. Elle réfléchit aussi à des mesures sociales dans le cadre du 'paquet route', prévu pour 2016 (EUROPE 11275).
Les eurodéputés ont eu un long débat sur l'application de ce salaire minimum aux chauffeurs en transit, durant lequel les divisions nationales sont clairement ressorties. Au sein du S&D, l'Allemande Jutta Steinruck s'est déclarée pour ce salaire minimum, au contraire du Polonais Bogus³aw Liberadzki. Au PPE, le Roumain Marian-Jean Marinescu s'est clairement positionné contre, alors que le Maltais David Casa est resté très prudent. Richard Sulik (CRE, slovaque) a qualifié la pratique allemande de « violation des règles du marché unique », tandis que des élus au sein des groupes GUE/NGL et Verts/ALE ont demandé une lutte plus forte contre le dumping social. Gesine Meissner (ADLE, allemande) a déclaré que le gouvernement allemand avait fait « une erreur ». (Jean Comte)