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Bulletin Quotidien Europe N° 11275
Sommaire Publication complète Par article 32 / 32
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE / Bibliothèque européenne

N° 1085

*** ROBIN ALLERS, CARLO MASALA, ROLF TAMNES (sous la dir. de): Common or Divided Security? German and Norwegian Perspectives on Euro-Atlantic Security. Peter Lang (1 Moosstrasse, P. O. Box 350, CH-2542 Pieterlen. Tél.: (41-32) 3761717 - fax: 3761727 - Courriel: info@peterlang.com - Internet: http://www.peterlang.com ). 2014, 322 p., 56,95 €. ISBN 978-3-631-64627-4.

Dans ce livre sont présentés les défis de la sécurité euro-atlantique quelque vingt-cinq ans après la fin de la Guerre Froide. Dans un contexte géopolitique marqué par des bouleversements conséquents, l'Union européenne fait face à des périodes d'instabilité croissante à ses frontières, ainsi qu'à une crise économico-financière de grande envergure. C'est dans ce contexte sensible que les pays membres de l'Union et leurs alliés américains devront repenser les questions de sécurité commune.

A la fin des années 90, l'Union européenne s'est positionnée de manière croissante sur les questions internationales. Son ambition en matière de sécurité et de défense s'est renforcée en 1999 avec la mise en place de la Politique européenne de sécurité et de défense, puis la Politique de sécurité et de défense commune dix ans plus tard. Si Washington a initialement salué ces efforts et l'ambition européenne, des risques ont été rapidement mis en exergue: duplication des structures, risque de séparation de l'Alliance, etc. Les auteurs de ce livre, professeurs, chercheurs ou conseillers de ministres, reviennent sur les développements intervenus après la fin de la Guerre Froide. La première phase de transformation après celle-ci a été marquée par l'instabilité régionale et les guerres. La deuxième phase s'est, elle, essentiellement traduite par des menaces et des risques internationaux asymétriques. Le terrorisme a initié cette phase au lendemain des attaques du 11 septembre 2001 aux États-Unis. De nouvelles menaces, notamment en termes de cyber sécurité, ont par ailleurs vu le jour. Puis des tensions, des questions problématiques telles que l'intervention américaine en Irak en 2003, ont généré des crises transatlantiques tout en divisant le camp européen.

Le livre, écrit dans une période où les contours d'une troisième phase de la sécurité et de la défense européenne et transatlantique se dessinent, aborde les transformations en cours dans les relations internationales avec l'arrivée de puissances émergentes telles que la Chine, l'Inde ou la Russie. L'annexion de la Crimée par la Russie en mars 2014 est un épisode marquant et un rappel que Vladimir Poutine s'opposera à tout nouvel élargissement occidental et contestera tant l'Otan que l'Union européenne dans divers domaines. La coopération européenne et transatlantique en matière de sécurité s'est toujours avérée complexe, influencée par des intérêts et des perceptions divergentes. Le livre traduit des questions importantes en matière de sécurité et l'importance tant de l'Union que de l'Otan comme outils de maintien de la paix et de la sécurité. Une inefficacité de ces outils serait susceptible de mener à une fragmentation, à un retour au spectre d'une sécurité divisée dans un contexte plus que sensible. Tant l'Union européenne que l'Otan ont le potentiel de s'adapter et d'opérer les réformes nécessaires. Certaines options en termes de développement futur du cadre de sécurité euro-atlantique sont discutées dans le dernier chapitre du livre. D'un côté, il y a une tendance à davantage de flexibilité en matière de coopération sur les questions de sécurité et de défense, générant des initiatives bilatérales et minilatérales. De l'autre côté, cette tendance au pragmatisme n'est pas de nature à remettre en question le cadre multilatéral (lent à réformer), dont les piliers principaux sont l'Otan et l'Union via la Politique de sécurité et de défense commune.

Alors que la plupart des études du système de sécurité euro-atlantique se concentrent essentiellement sur les relations de la Grande-Bretagne, de la France et de l'Allemagne avec les États-Unis, ce livre met en lumière les défis essentiels pour la sécurité occidentale du point de vue particulier de deux alliés européens: l'Allemagne, puissance européenne et internationale, et

La Norvège, souvent vue comme une moindre puissance ou désormais une puissance moyenne eu égard à sa richesse et à sa position plus importante au sein de l'Otan. Ces deux pays d'Europe du Nord présentent des différences, mais également des similitudes dans leurs approches et leurs perceptions des menaces et des défis majeurs en matière de sécurité. Ces similitudes s'expliquent notamment par leur attachement aux États-Unis, par les relations particulières qu'ils entretiennent avec la Russie, mais également par leur responsabilité en matière de sécurité et de stabilité en Europe du Nord.

Stéphanie Heng

*** KLAUS BACHMANN, IGOR LYUBASHENKO (sous la dir. de): The Maidan Uprising, Separatism and Foreign Intervention. Ukraine's complex transition. Peter Lang (1 Moosstrasse, Postfach 350, CH-2542 Pieterlen. Tél.: (41-32) 3761717 - fax: 3761727 - Courriel: info@peterlang.com - Internet: http://www.peterlang.com ). Collection "Studies in Political Transition", n° 4. 2014, 523 p., 64,95 €. ISBN 978-3-631-65456-9.

Pour le commun des Européens, fussent-ils journalistes, les événements d'Ukraine des derniers mois jusqu'à aujourd'hui restent sinon nimbés de mystère, en tout cas entourés d'un brouillard épais. A raison, si l'on en croit les auteurs de cet ouvrage. Cette partie de l'Europe et les conflits qu'elle génère souffrent, selon eux, d'éléments de compréhension faisant la part belle à l'information idéologiquement biaisée et à l'utilisation de stéréotypes historiques, le tout étant habilement nourri par des propagandes croisées. Ainsi, l'intelligentsia et les médias allemands, par exemple, auraient massivement succombé à la propagande de Moscou selon laquelle l'Ukraine souffrirait de pulsions fascistes récurrentes et la Crimée aurait « toujours appartenu à la Russie ». La propagande mise en oeuvre par Kiev aurait, elle, eu beaucoup plus de mal à s'imposer dans les esprits. Pour quelle raison ? Parce que, expliquent les politologues Klaus Bachmann et Igor Lyubashenko (Université des sciences sociales et humaines de Varsovie), « la crise en Ukraine a confronté conseillers politiques, professionnels des médias, intellectuels et universitaires en Europe occidentale à une énorme asymétrie entre une connaissance rapidement disponible et extrêmement fournie sur la Russie et des connaissances rares et dispersées sur l'Ukraine ». D'où la volonté des auteurs réunis dans ces pages d'offrir au lecteur du matériel solide qui lui permette de se forger une opinion plus sûre, mieux étayée. Même s'il n'est pas sûr que des analystes venant pour la plupart de Pologne soient les plus indiqués pour délivrer des données assurément fiables sur la Russie et, partant, sur l'Ukraine, force est de constater que les près de vingt contributions éclairent très utilement ce dossier complexe. Elles sont structurées en quatre parties, la première s'intéressant au démantèlement de l'Union soviétique et à l'indépendance de l'Ukraine en 1991. Il y est beaucoup question des travers politiques perceptibles dans ce pays à la lumière du déroulement de la Révolution orange, de l'hyper présidentialisme, du rôle joué par les oligarques, de l'absence de racines démocratiques de la population et, enfin, des dynamiques à l'oeuvre lors des événements de Maidan. Dans la deuxième partie, des auteurs plongent plus profondément dans les spécificités de la vie politique ukrainienne, avant de les confronter au « facteur russe » et, enfin, d'avancer des explications quant à certaines des réactions occidentales à la crise, le Pr. Spasimir Domaradzki (Université Lazarski de Varsovie) s'employant notamment à jauger les allégations selon lesquelles l'Union européenne et l'Otan n'auraient pas suffisamment tenu compte des intérêts russes.

(MT)

*** VIKTOR STEPANENKO, YAROSLAV PYLYNSKYI (sous la dir. de): Ukraine after the Euromaidan. Challenges and Hopes. Peter Lang (voir coordonnées supra). Collection "Interdisciplinary Studies on Central and Eastern Europe", n° 13. 2015, 271 p., 71,60 €. ISBN 978-3-0343-1626-2.

Qui mieux que des scientifiques ukrainiens peuvent parler de l'Ukraine en ces temps tourmentés ? A coup sûr peu de monde, quand bien même ceux qui s'expriment dans ces pages - après avoir participé à un projet de recherche multidisciplinaire ponctué par un séminaire organisé en juin de l'année dernière - ne cachent pas leurs penchants d'Ukrainiens pro-européens et, partant, fort peu russophiles. Dès leur chapitre introductif, les coordinateurs de l'ouvrage s'emploient à souligner combien le soulèvement populaire dont la place Maidan a été l'épicentre n'a été qu'une étape supplémentaire dans la marche incessante, au fil des siècles, des Ukrainiens vers cette portion d'Europe devenue l'Union européenne et, à travers elle, vers la démocratie. Selon eux, la majorité des Ukrainiens acceptaient une détérioration de leurs conditions de vie du temps de Ianoukovytch en misant sur le fait que la signature d'un Accord d'association avec l'Union obligerait les autorités de Kiev à réformer l'État en tenant compte des normes européennes. Une promesse que le président Ianoukovytch n'avait fait miroiter que pour mieux obtenir des avantages de la Russie où l'Ukraine reste une blessure à vif ne laissant la place qu'aux réactions émotionnelles et irrationnelles. Du coup, toutes les données étaient rassemblées pour l'embrasement et ses conséquences. C'est à mettre à jour et analyser les différentes raisons qui ont conduit à l'explosion, puis à la partition du pays et aux visées séparatistes appuyées par Moscou, que s'emploient les vingt-cinq spécialistes réunis dans ces pages, leur but étant surtout de mettre en évidence le processus complexe de transformation sociale et politique en cours dans le pays. L'ouvrage est structuré en quatre parties. La première porte sur les fondements politiques et sociaux de la révolution démocratique à l'oeuvre en Ukraine, certains auteurs expliquant notamment que la ligne de partage entre Ukrainiens est bien moins géographique que liée à des valeurs opposées, les unes étant post-soviétiques, paternalistes et autoritaires, les autres libérales, démocratiques et résolument pro-occidentales. Dans la deuxième partie, c'est le contexte géopolitique qui est envisagé, notamment à la lumière de la survie possible du système de relations internationales mis en place au lendemain de la Guerre froide. D'autres auteurs se penchent ensuite sur les raisons pour lesquelles les réformes requises depuis l'indépendance sont restées en rade. Dans la quatrième partie, ce sont les dimensions régionales et ethnoculturelles des transformations qui sont examinées, l'idée d'un « pays divisé » étant perçue comme un cliché sans fondement, Viktor Stepanenko et Yaroslav Pylynskyi allant jusqu'à lancer que la « Crimée russe » n'a pas plus de substance que la Finlande ou la Baltique russe, étant aussi absurde aujourd'hui que… l'Inde britannique ou l'Afrique française. Une dernière partie est enfin consacrée à la transformation en cours sous l'angle du langage, des médias et de la culture.

(MT)

*** Rivista di studi politici internazionali. Edizioni Studium (25 via Crescenzio, I-00193 Rome. Tél.: (39-06) 6865846 - fax: 6875456 - Courriel: amministrazione@edizionistudium.it - Internet: http://www.edizionistudium.it ). octobre/décembre 2014, n° 324, 160 p., 19 €. Abonnement: 70 € (Italie), 90 € (étranger).

Ce numéro d'une revue italienne prestigieuse s'intéresse longuement à la place de l'Union européenne dans le contexte des visées de la Russie, notamment dans le contexte de la crise ukrainienne. Il y est notamment conseillé à l'Union de mettre à jour sa Stratégie de sécurité, Alexey Gromyko regrettant, pour sa part, que la crise ukrainienne fasse le lit d'une consolidation euro-atlantique. Les visions extérieures de la Russie sont également évoquées, ainsi que les relations entre la Pologne et l'Ukraine.

(MT)

*** JAN-PETER WIEPERT: Rechtsschutz gegen Individualsanktionen der Vereinten Nationen und der Europäischen Union. Peter Lang (voir coordonnées supra). Collection "Europäische Hochschulschriften - Rechtswissenschaft". 2014, 219 p., 54,95 €. ISBN 978-3-631-65415-6.

Cette étude consacrée aux protections juridiques à l'encontre des sanctions individuelles émises par l'Onu et l'Union européenne a gagné en actualité ces dernières décennies, le système de sanctions internationales s'orientant de plus en plus fréquemment vers des sanctions individuelles à l'encontre de personnes physiques déterminées. Dans le cadre d'un système de droit digne de ce nom, il convient toutefois que les procédures à l'encontre des personnes incriminées et que les mécanismes de contrôle répondent à des exigences bien précises. Telle est justement la question traitée par l'auteur, au regard des possibilités de défense à l'échelle internationale, européenne et nationale dont disposent les personnes incriminées. L'auteur conclut que les mesures de protection à l'encontre des sanctions individuelles de l'Union sont dans l'ensemble suffisantes et appropriées, ce qui n'est en revanche pas le cas pour les sanctions prononcées par les Nations unies. En vue de pallier cette dernière carence, Jan-Peter Wiepert propose la création d'une instance de contrôle indépendante à l'échelle de l'Onu qui puisse être saisie par les personnes incriminées.

(GLe)

*** Südosteuropa Mitteilungen. Südosteuropa-Gesellschaft (49 Widenmayerstrasse, D-80538 Munich. Tél.: (49-89) 212154-0 - fax: 2289469 - Courriel: info@sogde.org - Internet: http://www.sodge.org ). 2014, 120 p., 12 €. Abonnement 60 €.

Dans cette édition de la revue Südosteuropa, une contribution sur les élections macédoniennes d'avril 2014 voit Saso Ordanoski jeter un regard très critique sur la situation et la classe politiques de ce pays. Thomas Brey défend une position comparable vis-à-vis de la situation suite aux élections de mai 2014 en Serbie, pays dont le système politique présente, selon l'auteur, de nombreuses lacunes en termes de démocratie et où la classe politique manque de compétences en matière économique. Heinz-Jürgen Axt consacre, lui, son analyse aux partis d'extrême-droite en Grèce, en Italie, en Espagne et au Portugal en essayant de trouver des facteurs explicatifs aux succès de certains d'entre eux à partir de critères tels que la situation économique générale, la pauvreté et l'exclusion, le rapport des populations respectives aux étrangers, au multiculturalisme, l'intolérance, etc. En dépit de l'utilisation de certains concepts parfois contestables, cet article tente une approche originale et exhaustive de la question. Ludwig Schulz analyse, pour sa part, la victoire de l'AKP lors des élections provinciales et cantonales de 2014 en Turquie. Enfin, Andreas Ernst offre une analyse du Reisefeuilleton de Max Frisch à travers l'Europe centrale et balkanique en 1933. L'analyste semble plus apprécier l'écriture de Max Frisch que les informations apportées par ce dernier sur les pays visités.

(GLe)

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