Bruxelles, 16/03/2015 (Agence Europe) - La 11ème session du Conseil d'association UE-Tunisie, qui se déroule ce mardi 17 mars à Bruxelles, devrait aboutir à la relance d'une coopération relativement ralentie durant la phase intérimaire de la transition institutionnelle.
Cette phase s'est achevée par l'adoption d'une nouvelle constitution et la tenue d'élections générales, présidentielle et législatives, dont l'issue vaut à ce pays les félicitations sans réserves de l'UE.
Le ralentissement n'a pas affecté la gestion courante mettant simplement en attente les perspectives plus éloignées, comme l'ouverture de négociations dans plusieurs domaines. Entre temps en effet, rappelle-t-on à Bruxelles, l'UE a maintenu un engagement financier « substantiel » et elle octroyé un total en dons d'environ 200 millions d'euros pour la seule année 2014 dont 50 millions d'euros accordées sous forme de 'prime à la démocratie'. Un appui macro-financier (prêt) de 300 millions vient aussi d'être approuvé.
Mardi, le message essentiel sera d'appuyer davantage l'effort de réformes, selon une approche décentralisée. Elles seront axées sur l'amélioration de la compétitivité de l'économie, du climat des affaires, la réduction des obstacles au commerce et à l'investissement, le soutien aux PME et une politique de l'emploi intensifiée. L'UE, saisira l'occasion pour demander le lancement formel des négociations pour un accord de libre-échange complet et approfondi (ALECA) et d'accélérer les négociations dans les domaines du transport aérien (accord Open Sky). En matière de migration, l'UE compte rappeler son voeu d'entamer des négociations sur la facilitation des visas et sur un accord de réadmission. Une Déclaration établissant un Partenariat pour la mobilité entre la Tunisie et l'UE et des États membres a été signée en mars 2014 et servira de base pour ces négociations. Des négociations sont envisagées à terme sur l'énergie et le développement durable.
Le souci libyen. La question libyenne sera un point important lors de ces discussions car elle pèse aussi bien sur la situation sécuritaire et la stabilité de la Tunisie que sur la marche de son économie. L'UE a déjà salué les efforts tunisiens pour accueillir les centaines de milliers de Libyens. Selon le ministre tunisien des Affaires étrangères, Taïeb Baccouche, près du tiers de la population libyenne réside actuellement sur le territoire tunisien (1,8 million). L'UE compte appuyer la gestion des frontières, un programme précurseur a été adopté en 2014. Cette coopération sécuritaire devrait impliquer d'autres partenaires clés de la région, à travers un dialogue politique et l'identification de projets concrets permettant de lutter contre le terrorisme et ses causes profondes, notamment le phénomène des combattants terroristes étrangers et la radicalisation, dans le respect de l'État de droit et des libertés individuelles, explique-t-on à Bruxelles. (Fathi B'Chir)