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Bulletin Quotidien Europe N° 11275
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) agriculture

Divergences de vues sur la situation du marché du lait

Bruxelles, 16/03/2015 (Agence Europe) - En raison notamment des effets de l'embargo russe sur les produits agricoles de l'UE, le Conseil 'Agriculture' s'est montré partagé, lundi 16 mars, sur la situation actuelle du marché du lait et des produits laitiers.

Lors du débat sur la situation du marché du lait, l'Allemagne a salué l'expiration, fin mars, des quotas laitiers. Le ministre allemand Christian Schmidt a dit notamment qu'il fallait se concentrer sur l'exportation. Selon lui, le fait que la surproduction soit moins importante que prévu montre que le marché fonctionne bien. Pour le ministre irlandais, Simon Coveney, le marché est plutôt favorable actuellement.

Pour la Suède, le marché est certes difficile, mais il faut se tourner vers l'exportation et la recherche.

Des pays aux abois. La Pologne a rappelé que les producteurs du pays étaient dans une situation très difficile, en raison notamment de l'embargo russe. Ce pays a demandé des instruments de gestion supplémentaires, estimant que le filet de sécurité actuel était insuffisant. En d'autres termes, la Pologne préconise une hausse du prix d'intervention. L'Espagne a aussi estimé que les mesures prises dans le secteur du lait (beurre et lait en poudre) en réaction à l'embargo russe étaient insuffisantes. Elle a demandé que les prix d'intervention soient revus. Dans la même veine, la Lituanie a estimé que les mesures prises jusqu'à présent (aide au stockage privé, aide directe en faveur des pays baltes et de la Finlande et puis étalement du paiement du superprélèvement) étaient insuffisantes.

Instruments de gestion de crise jugés insuffisants. L'Italie a estimé que les instruments de gestion des crises étaient insuffisants. Maurizio Martina, le ministre italien, a évoqué l'outil de stabilisation des revenus (aide sous forme d'assurance en cas de perte de 30% des revenus). Selon l'Italie, le pourcentage de 30% n'est pas adapté à la situation que connaissent les producteurs de lait. Pour la France aussi, le seuil de 30% est trop élevé.

Taux de matière grasse. Les Pays-Bas ne désespèrent pas de revenir sur le sujet sensible de la modification du coefficient de matière grasse dans le lait (ce qui équivaudrait à augmenter quelque peu les quotas 2014/2015). Le ministre autrichien, Andrä Rupprechter, a renchéri pour dire qu'il était d'accord pour rouvrir un débat sur ce sujet. Pour rappel, depuis deux ans, il n'y a pas de majorité qualifiée au Conseil pour revoir le niveau du taux de matière grasse dans le lait.

Paiement en trois fois du superprélèvement. Plusieurs pays, comme l'Allemagne, les Pays-Bas, la Pologne, ont regretté que la mesure décidée (paiement en trois fois du montant du superprélèvement de la campagne 2014/2015) ne permette pas aux États de payer en trois fois l'amende sans intérêts (ce sont les producteurs qui pourront le faire) (EUROPE 11272).

Observatoire du marché. Beaucoup de pays ont demandé une amélioration de l'observatoire du marché du lait: l'Allemagne (il faut un instrument permettant de faire des prévisions sur le marché), l'Irlande (il faut travailler plus sur les prévisions, pour que la contractualisation fonctionne mieux), la France (lien avec les contrats), la Finlande (améliorer les prévisions), l'Espagne (de nouveaux indicateurs sont nécessaires pour mieux suivre les perturbations). La Belgique et la Grèce sont intervenues pour demander que l'observatoire se focalise davantage sur les marges bénéficiaires (pour l'activation de mesures de marché) plutôt que sur les prix uniquement.

Par ailleurs, l'Italie, soutenue par le Royaume-Uni, a souligné l'importance de mentionner l'indication de l'origine de lait. L'Espagne a demandé de rediscuter en juin au niveau du Conseil de la situation du marché du lait (elle avait été évoquée déjà lors du Conseil Agriculture en janvier). (Lionel Changeur)

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