La production européenne redémarre. Le cabinet IHS confirme par ailleurs une reprise de la production automobile européenne après plusieurs années de crise. Les productions annuelles au Royaume-Uni sont revenues à leur niveau d'avant la crise de 2007, les productions espagnoles sont aujourd'hui à leur plus haut niveau depuis cinq ans et le dynamisme des pays de l'Est (République tchèque, Slovaquie et Hongrie) est bien présent. Si l'Europe souffre encore de surcapacités, cette reprise est positive, estime IHS. D'une part, la reprise est liée à la reprise des ventes de voitures neuves, qui ont grimpé de 5,7% en 2014, selon les chiffres de l'Acea. Mais les usines européennes sont également tirées par les exportations qui ont vu leur volume progresser de 4% en 2014. Globalement, environ 4,3 millions de véhicules, soit 26% de la production européenne (hors Turquie), ont été exportés l'année dernière. Et la part des exportations n'a pas cessé de grimper depuis des années: elle n'était que de 16% en 2005 et de 22% en 2011. C'est surtout la demande chinoise qui a représenté 14% des débouchés européens contre 1% il y a dix ans, la Chine ayant mis du temps à alimenter pleinement son propre marché (voir supra). À contrario, la part des États-Unis dans les exportations européennes a diminué, passant de 34% il y a dix ans à 23% aujourd'hui. D'autres facteurs ont par ailleurs favorisé la production européenne, comme la négociation d'accords de compétitivité dans certains pays (Espagne, France, Royaume-Uni) ou la baisse actuelle de l'euro. Mais cette bonne résistance pourrait ralentir au fur et à mesure que les industriels accélèrent les implantations hors Europe, notamment pour échapper aux barrières douanières. C'est le cas des constructeurs allemands chez lesquels la part du marché « made in Germany » est amené à devenir minoritaire à partir de 2020 et qui accélèrent leur implantation en Chine, aux États-Unis et au Mexique. En conclusion, IHS s'attend à ce que la part des exportations dans la production européenne grimpe jusqu'à 29% en 2018 avant de se stabiliser. (Isabelle Lamberty)