Bruxelles, 23/02/2015 (Agence Europe) - L'Union européenne a condamné, lundi 23 février, l'attaque « de nature terroriste », la veille à Kharkiv, dans l'est de l'Ukraine, contre des manifestants pacifiques qui marchaient en souvenir des événements de Maidan, un an plus tôt. « Nous attendons des autorités ukrainiennes qu'elles poursuivent l'enquête et traduisent les responsables en justice », a indiqué à EUROPE Maja Kocijancic, la porte-parole de la Haute Représentante. « Nous sommes convaincus que cet acte criminel inacceptable va unir tout Kharkiv dans la lutte contre une nouvelle déstabilisation », a souligné pour sa part la délégation de l'UE en Ukraine.
La délégation a rendu hommage aux trois victimes et, en particulier, au militant des droits de l'homme Ihor Tolmachov, un des organisateurs et coordinateurs clés de Kharkiv Euromaïdan. « Nous rendons hommage à son travail engagé pour une Ukraine européenne et pour la promotion des valeurs européennes. Non seulement l'Ukraine, mais aussi l'Europe se souviendra de lui comme d'un citoyen européen et ukrainien véritable et authentique, qui a perdu la vie pour un avenir meilleur et européen de son pays », a expliqué la délégation de l'UE.
L'explosif qui a tué M. Tolmachov, mais aussi un policier et un adolescent de 15 ans et fait une dizaine de blessés, aurait été lancé d'une voiture sur les manifestants.
Une situation mitigée et complexe
Le 23 février, la situation dans le pays était toujours compliquée. L'armée ukrainienne a affirmé que les séparatistes poursuivaient leur offensive près de Marioupol. « Une avance vers Marioupol serait clairement une violation des accords », a prévenu le ministre des Affaires étrangères allemand, Frank-Walter Steinmeier, dans une interview à Bild. Il a ajouté qu'il était important que les séparatistes stoppent leurs activités militaires.
Cependant, la veille, une lueur d'espoir était apparue lorsque le gouvernement ukrainien et les séparatistes prorusses avaient annoncé un accord sur un retrait des armes lourdes dans l'est du pays, comme prévu par les accords de Minsk. Selon ces accords, le retrait aurait dû avoir lieu le 17 février. Selon un porte-parole des séparatistes, le processus devrait réellement commencer ce 24 février. Les opérations doivent prendre deux semaines. Le 21 février, les deux parties ont procédé à un échange de prisonniers. Cet échange, de 139 soldats ukrainiens contre 52 séparatistes, est un autre point des accords de Minsk.
Vendredi, alors que la France et l'Allemagne appelaient au plein respect des accords de Minsk, le président du Conseil européen, Donald Tusk, avait menacé la Russie de sanctions supplémentaires (EUROPE 11258). Durant le week-end, le Royaume-Uni et les États-Unis en ont fait de même. « Nous parlons de sanctions supplémentaires, d'efforts supplémentaires. (...) Nous n'allons pas rester là sans rien faire et cautionner ce genre de comportement extrêmement lâche (de la part de la Russie) au détriment de la souveraineté et de l'intégrité d'une nation », a annoncé le secrétaire d'État américain, John Kerry, à l'issue d'une réunion avec le ministre des Affaires étrangères britannique, Philip Hammond. (Camille-Cerise Gessant)