Bruxelles, 23/02/2015 (Agence Europe) - La Banque européenne d'investissement (BEI) est d'avis que l'effet de levier souhaité pour le Fonds européen pour les investissements stratégiques (FEIS), qui verra le jour dans le cadre du plan 'Juncker' d'investissement, pourra être atteint.
Selon la proposition législative sur la table, le FEIS, mis sur pied sous l'égide de la BEI, sera doté de 21 milliards d'euros de garanties (16 milliards issus du budget de l'UE et 5 milliards de la BEI). L'objectif affiché est qu'il permette d'attirer 315 milliards d'euros d'investissements privés sur 3 ans, soit un coefficient multiplicateur de 15 (EUROPE 11255). Selon ses détracteurs, l'effet de levier de 1 pour 15 est irréaliste, mais il est en fait « plus conservateur » que celui de 1 pour 18 que nous avons concrétisé avec la dernière augmentation de capital de la BEI, a déclaré son président, Werner Hoyer, lundi 23 février, en présentant le rapport d'activité 2014 de l'institution. Après l'augmentation de capital de 10 milliards d'euros de 2012, « nous atteindrons notre objectif de 180 milliards d'euros supplémentaires investis dans toute l'Europe en mars 2015, soit environ 9 mois plus tôt que prévu », a ajouté l'ancien ministre libéral allemand.
M. Hoyer a estimé que le « grand défi » auquel la banque sera confrontée consisterait à mener de front un examen attentif ('due diligence') des projets qu'elle soutiendra tout en les préfinançant rapidement avant que le FEIS soit opérationnel, au mieux à l'été ou, au plus tard, à l'automne. Et de saluer l'initiative du plan européen d'investissement comme un « changement de paradigme » dans l'utilisation du budget de l'UE qui implique « un abandon progressif des financements sous forme d'aides non remboursables et de subventions en faveur de prêts et de garanties susceptibles de mobiliser des capitaux privés ».
En 2014, la BEI a signé des financements pour 77 milliards d'euros à l'appui d'investissements, dont 69 milliards dans l'UE. Le soutien aux PME est le domaine stratégique le plus soutenu par la BEI à hauteur de 25,5 milliards d'euros, soit « le montant le plus élevé jamais accordé par la banque de l'UE », a souligné M. Hoyer, avançant le chiffre de « 3,9 millions d'emplois » créés et préservés grâce à des aides touchant 290 000 entreprises. Sur le plan géographique, les plus gros volumes prêtés ont bénéficié à l'Espagne (11,9 milliards d'euros), à l'Italie (10,9 milliards), à la France (8,2 milliards), à l'Allemagne (7,7 milliards) ainsi qu'à la Grèce (1,6 milliard) et au Portugal (1,3 milliard). Dans le voisinage de l'UE, la BEI est de nouveau présente en Ukraine à hauteur de 940 millions d'euros après une interruption liée à la répression par l'ancien pouvoir du mouvement s'étant notamment déroulé sur la place 'Maïdan' de Kiev. (Mathieu Bion)