Bruxelles, 03/02/2015 (Agence Europe) - L'envoyé spécial pour la Syrie, Staffan de Mistura, a souligné, lundi 2 février, qu'il ne relâcherait pas ses efforts pour trouver une solution à la crise syrienne. « Il n'y a pas de panacée, c'est une mission impossible, mais il faut quand même s'en occuper. C'est une tâche complexe, mais nous ne devons pas y renoncer », a expliqué M. de Mistura à la commission des affaires étrangères du Parlement européen, ajoutant, non sans humour, « on est comme dans Mission impossible, on est là pour réussir ».
Et pour réussir, il a besoin « de plus d'Europe ». Selon lui, les ministres des Affaires étrangères de l'UE et la Haute Représentante, Federica Mogherini, qu'il a rencontrés le 15 janvier, ont conscience qu'il est temps que l'UE contribue, par elle-même ou à travers les Nations Unies, à un certain type d'initiative sur la stabilité de la Syrie. Il y a « une façon d'y arriver, et il y a beaucoup de discussions autour d'un paquet d'intervention. Imaginez qu'Alep soit gelé (que les combats à Alep soient gelés, Ndlr.). Un paquet immédiat d'assistance et d'autres initiatives pour être certains que les gens réalisent quel avantage, quel changement peuvent se produire si on peut pousser tout le monde à faire la même chose, pas à Alep, mais partout ailleurs », a-t-il expliqué. Il a appelé le Parlement européen à affirmer qu'il n'y a pas de solution militaire et que les combats à Alep doivent être stoppés. Selon lui, cela serait un « symbole fort » et on ne peut pas attendre un an de plus avec des milliers de tués supplémentaires.
Ainsi, M. de Mistura a rappelé qu'une solution militaire du conflit n'était pas possible. « Tout le monde l'a accepté, Assad et le gouvernement, l'opposition, les pays de la région impliqués dans ce conflit », a-t-il expliqué. Selon lui, l'apparition de l'organisation État islamique devrait faire comprendre à tout le monde qu'il faut une solution politique.
Contrairement à ses deux prédécesseurs qui ont privilégié la mise en place de grandes initiatives internationales, M. de Mistura a une approche du 'bottom up'. « Notre approche est différente », a-t-il expliqué. Ainsi, il souhaite la mise en place d'un gel des combats à Alep. « Il faut faire tout ce qu'on peut pour réduire le niveau de violence (…), pour améliorer et développer l'aide humanitaire pour les Syriens. Il faut essayer de favoriser le dialogue (…). Au niveau politique, l'idée est de créer un exemple pour que les gens commencent à croire à un mouvement inverse, d'où un gel des combats », a-t-il précisé. M. de Mistura a indiqué que, pour obtenir un gel à Alep, il fallait négocier avec 18 groupes différents.
M. de Mistura a aussi soutenu les réunions qui se sont tenues récemment au Caire et à Moscou, rappelant que le gouvernement russe avait une influence sur la région et que peu de pays étaient capables de faire venir le gouvernement syrien à la table des négociations. « Les conclusions ne sont pas parfaites, mais (…) toute esquisse de dialogue politique entre les Syriens, même si c'est imparfait, s'ils ne sont pas tous là, c'est certainement mieux que pas de dialogue du tout ». « Tout élan est le bienvenu, c'est mieux que le fatalisme », a-t-il ajouté. (CG)