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Bulletin Quotidien Europe N° 11245
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) Économie

Le 'Semestre européen' ? une « usine à gaz », selon M. Juncker

Bruxelles, 03/02/2015 (Agence Europe) - Jean-Claude Juncker a promis, mardi 3 février, que la Commission européenne qu'il préside agira pour « simplifier » le processus budgétaire du 'Semestre européen'.

Au 1er semestre de chaque année, l'UE définit des orientations de politiques socio-économiques déclinées ensuite dans des recommandations spécifiques par pays que les États membres sont tenus d'appliquer dans leurs politiques budgétaires et économiques.

Le 'Semestre européen', « c'est du sérieux » et cela doit être « la propriété commune » du Conseil, de la Commission européenne, du Parlement européen et des parlements nationaux, a estimé M. Juncker, mardi 3 février à l'ouverture de la semaine parlementaire européenne réunissant représentants du PE et des parlements nationaux. « Ce qui fait défaut, c'est l'appropriation par les parlements nationaux », a-t-il noté. Regrettant que les leaders européens aient mis en place « une usine à gaz que personne ne comprend vraiment », il s'est engagé à « simplifier » le 'Semestre européen' pour le rendre plus visible et assimilable par les leaders nationaux chargés d'appliquer sur le terrain les recettes préconisées au niveau européen.

Prenant la balle au bond, Pervenche Berès (S&D, française) a estimé que la question de la procédure définie dans le 'Semestre européen' ne devait pas éclipser celle du « contenu » des politiques. « Quelle est la politique économique dont la zone euro a besoin ? », a interrogé l'eurodéputée qui pilote la rédaction d'un rapport du PE sur les enjeux du cadre de gouvernance économique. Accueillant favorablement le plan d'investissement mis en avant par la Commission, elle a estimé que le plan 'Juncker' pouvait aussi être interprété comme la réponse à un phénomène de sous-investissement en Europe qui serait en partie dû à l'application des règles budgétaires européennes.

Sur le Pacte de stabilité et de croissance, M. Juncker a rappelé qu'il n'existait pas de règles budgétaires qui s'appliquent de manière uniforme à tous les États membres, les spécificités de chaque pays étant désormais mieux prises en compte. D'où le délai que la Commission s'est accordé jusqu'en mars pour statuer sur la politique budgétaire de trois pays: la France, l'Italie et, « dans une moindre mesure », la Belgique. Néanmoins, l'ajout récent d'une « dose de flexibilité » dans le Pacte n'a pas vocation à transformer celui-ci en « Pacte de flexibilité », a-t-il prévenu (EUROPE 11229).

Le chrétien-démocrate luxembourgeois a promis d'associer étroitement le président du PE à la rédaction du rapport des '4 présidents' (Commission, Conseil européen, Eurogroupe, BCE) sur l'avenir de l'Union économique et monétaire, qui sera présenté au sommet européen de juin. Ce sujet est déjà à l'ordre du jour du Conseil européen du 12 février. (MB)

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