Bruxelles, 03/02/2015 (Agence Europe) - Le ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, a déclaré souhaiter exposer ses idées - lors d'un Eurogroupe mercredi 11 février - sur la manière dont la Grèce peut se voir accorder « suffisamment de stabilité et l'espace budgétaire nécessaire pour commencer à délibérer avec nos partenaires », mardi 3 février depuis Rome où il a rencontré son homologue italien, Pier Carlo Padoàn, rapporte l'agence Bloomberg.
Ni du côté de la présidence de l'Eurogroupe ni de deux États membres interrogés, la tenue d'une réunion extraordinaire des ministres des Finances de la zone euro n'avait pu être confirmée à EUROPE, mardi après-midi. Pour la Commission, aucun Eurogroupe extraordinaire à la veille du Sommet européen du 12 février n'était planifié à ce stade. La question était toutefois bien dans l'air et pourrait être confirmée ce mercredi, selon une source.
M. Varoufakis et le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, poursuivaient leur tournée des capitales européennes afin d'engranger le plus de soutien possible, alors que les desiderata du gouvernement grec sur sa dette se précisent. Après Rome, M. Tsipras sera à Bruxelles, ce mercredi, puis à Paris, tandis que M. Varoufakis se rendra mercredi à Francfort au siège de la BCE et à Berlin jeudi pour y rencontrer le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble.
Selon le Financial Times, la Grèce voudrait remplacer les prêts accordés par les Européens par des obligations indexées sur la croissance, et les obligations détenues par la BCE par des obligations 'perpétuelles'. L'idée était déjà évoquée à Athènes à la veille des élections. Il s'agirait en outre de dégager un excédent budgétaire de 1% à 1,5% du PIB, un seuil moitié moindre que ce qui est prévu dans le 2ème plan de sauvetage et de lutter avec vigueur contre l'évasion fiscale. Les investisseurs privés ne seraient pas du tout touchés. La Grèce abandonnerait aussi l'idée de réclamer des coupes sèches dans son stock de dette publique.
La dette grecque sera « rendue viable, même si on remplace une décote par des euphémismes ou des échanges » ('swaps') ; « pas de volte-face ! », a déclaré M. Varoufakis via son compte Twitter.
Trois des quatre grandes banques grecques auraient, par ailleurs, commencé à puiser, à hauteur de 2 milliards d'euros, dans le fonds d'urgence ('ELA') de la Banque de Grèce, pour faire face aux importants retraits auxquels elles sont confrontées. Outre la solvabilité de l'État grec, l'enjeu lié à la solidité du secteur bancaire grec en cas d'achèvement du plan de sauvetage d'Athènes est un autre enjeu au coeur des tractations actuelles. Dans une interview à Reuters, Michel Sapin, ministre français des Finances, a estimé que la 1ère étape pour la Grèce était de trouver un accord avec la BCE sur les liquidités d'urgence, puis soit d'accepter une prolongation du programme actuel, soit d'entrer dans un nouveau programme. La BCE doit revoir la question des liquidités d'urgence ce mercredi. (EL)