Bruxelles, 30/01/2015 (Agence Europe) - L'Allemagne a cédé aux diverses pressions et choisi de suspendre temporairement l'application aux routiers du salaire minimum récemment réinstauré. Il s'agit pour Berlin de garder des relations de bon voisinage, en attendant aussi le verdict de la Commission européenne.
La ministre fédérale allemande responsable des Affaires sociales, Andrea Nahles, a annoncé la suspension de la mesure à la sortie d'une rencontre avec son homologue polonais, Wladyslaw Kosiniak-Kamysz, vendredi 30 janvier. La Pologne avait été leader de la contestation du salaire minimum de 8,5 euros l'heure appliqué aux chauffeurs routiers traversant l'Allemagne (voir EUROPE 11237 et11236). La suspension accordée par l'Allemagne ne concerne que les chauffeurs en transit. Ceux qui opèrent un chargement ou un déchargement sur le sol allemand, comme lors de cabotage, devront bien bénéficier de ce salaire minimum.
La Pologne avait explicitement demandé à l'Allemagne une telle suspension, en attendant des clarifications sur le cadre légal européen. Le pays avait en outre fait part de ses inquiétudes à la Commission européenne, avec une dizaine d'autres États membres. Les commissaires européennes responsables des Affaires sociales et des Transports, Marianne Thyssen et Violeta Bulc, avaient aussi abordé la question avec les autorités allemandes à Berlin lors de leur déplacement respectif en début de semaine (EUROPE 11239 et 11240).
Tous ces efforts combinés se sont avérés payants puisque l'Allemagne a choisi de préserver ses « relations de bon voisinage », selon les termes de la ministre Nahles, en gelant l'application du salaire minimum aux transporteurs routiers en transit. La Commission européenne apprécie cette décision. Il s'agit d'un pas en avant positif en attendant les clarifications juridiques au regard des dispositions européennes, selon l'exécutif européen.
En effet, une procédure préliminaire d'analyse de la compatibilité entre les nouvelles règles allemandes et le droit européen a été entamée (EU pilot). Le verdit est attendu avant l'été, entre avril et juin, selon la ministre allemande. (MD)