Bruxelles, 30/01/2015 (Agence Europe) - La Russie est restée le troisième plus important importateur de produits agro-alimentaires de l'UE sur la période août-novembre 2014, en dépit de l'embargo russe sur les produits agricoles de l'UE, selon des nouvelles statistiques dévoilées vendredi 30 janvier par la Commission européenne.
Ces statistiques montrent aussi que les agriculteurs européens ont réussi parfois à trouver de nouveaux débouchés. Le total des exportations agro-alimentaires de l'UE durant la période août-novembre 2014 a augmenté de 1,7% (à 42,3 milliards d'euros) par rapport à la même période en 2013, malgré la baisse des exportations agro-alimentaires vers la Russie (-36%, soit un total en valeur de 2,6 milliards d'euros en août-novembre 2014, contre 4,1 milliards en août-novembre 2013). Les chiffres montrent une hausse de 9% des exportations de l'UE vers les États-Unis (à 5,9 milliards d'euros), une hausse de 8% s'agissant des exportations vers la Chine (2,7 milliards d'euros). Les exportations vers Hong Kong ont progressé de 20% (1,6 milliard), de même que celles vers la Suisse (+4%), la Norvège (+2%) et l'Algérie (+7%).
Malgré l'évolution positive des exportations agro-alimentaires UE, tous les États membres n'ont pas connu une hausse durant la période août-novembre 2014. Une diminution modérée (inférieure à 10%) a été enregistrée en France, en Allemagne, au Danemark, en Grèce, en Lituanie, en Pologne, en Slovaquie, en Roumanie et en Slovénie, mais une baisse beaucoup plus importante a été constatée en Finlande (-32%) et en Estonie (-22%).
Les produits dont les exportations vers la Russie ont chuté le plus sont ceux visés par l'embargo russe (essentiellement le porc, le boeuf et la viande de volaille, les produits laitiers et les fruits et légumes). Pour tous ces produits, les exportations vers la Russie après l'entrée en vigueur de l'embargo ont été suspendues (le taux de diminution varie entre 90% et 100%).
Toutefois, les pertes réelles dépendent beaucoup de la possibilité de trouver d'autres marchés. Il est intéressant d'examiner l'évolution des exportations totales pour toutes les catégories de produits interdits. En comparant la période août-novembre 2014, à la même période en 2013, les plus fortes baisses de la valeur totale des exportations de l'UE ont été enregistrées pour les produits laitiers (-19,4% pour les fromages, - 9,5% pour le beurre), les fruits (-10,2%) et les légumes (-13,5 %). Cela a été en partie compensé par une valeur accrue pour l'exportation de préparations à base de fruits et légumes. En ce qui concerne les viandes, la baisse des exportations totales semble être moins sévère (-1% pour le porc).
Les données montrent aussi que les États membres les plus touchés par l'embargo russe sont: la Lituanie (41% des produits), la Pologne et la Finlande (19%), l'Estonie (18%), le Luxembourg (12%) et Chypre (11%). Cependant, en termes de valeur, le classement est légèrement différent: après la Lituanie (922 millions d'euros) et la Pologne (840 millions), les pays qui affichent les plus grandes pertes sont l'Allemagne (594 millions) et les Pays-Bas (523 millions). Mais cela ne donne pas d'indication sur les pertes effectives, car cela dépend de la capacité des pays à trouver de nouveaux marchés. (LC)