Bruxelles, 20/01/2015 (Agence Europe) - Les experts des ministères nationaux de l'Intérieur se sont réunis, mardi 20 janvier à Bruxelles dans le cadre du Comité permanent de sécurité intérieure (COSI), pour préparer la réunion informelle des ministres de l'Intérieur prévue les 29 et 30 janvier à Riga, qui sera elle-même suivie par le Sommet européen du 12 février.
Ces experts ont discuté des propositions françaises de travailler sur 7 points (EUROPE 11233) et d'une note préparée conjointement par la Présidence lettone du Conseil de l'UE et le coordinateur de l'UE contre le terrorisme, Gilles de Kerchove, qui élargit un peu la réflexion et identifie d'autres domaines d'action. Dans l'ensemble, aucune opposition spécifique n'a été observée, a relaté une source européenne.
Les 7 champs d'action identifiés couvrent notamment le renforcement des contrôles aux frontières extérieures de l'UE sur les ressortissants européens, certains États membres se demandant s'il faut une modification du Code Frontières Schengen ou si des lignes directrices de la Commission européenne sont suffisantes, comme le pense d'ailleurs cette dernière.
Le 'PNR européen', système destiné à collecter les données de passagers aériens européens provenant de pays tiers ou s'y rendant, est le 2ème axe de travail suivi par les États membres. Les Vingt-huit veulent sa concrétisation « le plus vite possible » mais ils ne sont pas non plus prêts à faire trop de concessions au Parlement européen, a nuancé une source. Certains pays veulent en effet un 'PNR européen' opérationnel et ne veulent pas sacrifier l'utilité de cet outil au motif qu'il faut avancer rapidement. « Les États membres veulent un système PNR solide », a résumé cette source, alors que le PE s'apprête laborieusement à reprendre ses débats sur le sujet (voir autre nouvelle).
Parmi les autres thèmes de travail figurent l'échange d'informations et le partage de données avec Europol et la lutte contre le trafic d'armes à feu. La coopération et la discussion avec les géants de l'Internet devra, quant à elle, se poursuivre, sur la base du modèle de rencontres plus ou moins régulières lancées en 2013 par l'ex-commissaire aux Affaires intérieures, Cecilia Malmström. En outre, la prévention de la radicalisation en prison et les aspects extérieurs constituent les deux autres volets mis en exergue par la France.
D'autres pistes ont également été soulevées, comme l'opportunité pour la Commission de remettre sur la table une directive sur la rétention des données personnelles. A également été suggéré de modifier des dispositifs concernant les casiers judiciaires en étudiant la possibilité d'inclure des ressortissants des pays tiers.
Un accord SWIFT-TFTP européen ? La possibilité de relancer le programme européen de surveillance du financement du terrorisme. S'il existe un dispositif précis avec les États-Unis, l'accord SWIFT-TFTP, rien n'existe au niveau de l'UE. La Commission, après analyse, avait jugé en 2013 inutile de se doter d'un mécanisme similaire. Néanmoins, la question de la faisabilité d'un tel outil pourrait revenir.
Une réunion d'experts se tiendra les 4 et 5 février sur le financement de l'État islamique, a dit le 19 janvier la Haute Représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Federica Mogherini. Elle associera l'UE, les États-Unis, le Canada, la Suisse, le Japon, la Norvège, l'Islande et l'Australie ainsi que les agences onusiennes.
Le collège des commissaires tiendra, ce mercredi, un premier échange de vues sur le futur Agenda de sécurité intérieure. « Un certain nombre d'éléments vont guider le travail de la Commission dans les semaines à suivre: les données des dossiers des passagers, la conservation des données, le fonctionnement du système Schengen, la cybersécurité et la coopération au niveau européen entre les services de sécurité », a expliqué une porte-parole de l'institution. Le commissaire Frans Timmermans rendra compte de ces discussions. (SP)