Bruxelles, 08/01/2015 (Agence Europe) - Dans un environnement macroéconomique maussade, l'emploi européen a tout de même enregistré une croissance modeste, mais constante, depuis la mi-2013, selon la dernière 'revue trimestrielle sur l'emploi et la situation sociale' publiée jeudi 8 janvier par la Commission européenne.
La Commission rappelle que l'emploi a augmenté de 0,3% au cours du deuxième et du troisième trimestres de 2014. Au cours du troisième trimestre 2014, le taux d'emploi a augmenté dans la majorité des États membres de l'UE, y compris dans des pays présentant des taux de chômage très élevés comme la Grèce (+1,7%), l'Espagne (+0,3%) et le Portugal (+1,4 %). Dans l'année pour le troisième trimestre de 2014, l'emploi a progressé de 0,9%. Cependant, il a été encore inférieur de 1,8% au chiffre du troisième trimestre de 2008. « On ne retrouvera pas les taux de chômage d'avant la crise aussi rapidement qu'on l'espérait », admet ainsi la Commission. Signe positif: l'emploi a progressé dans la plupart des secteurs et surtout dans les services et cette hausse concerne tous les emplois (emplois temporaires et à temps partiel, emplois à durée indéterminée et à temps plein).
Pour Marianne Thyssen, la commissaire compétente, la hausse de l'emploi est un « signe positif, mais elle demeure trop faible et trop lente. L'UE reste surtout malade de son chômage de longue durée ». Et de rappeler qu'avec « notre offensive d'investissement de 315 milliards d'euros, nous avons l'ambition de stimuler la croissance économique et de créer plus d'emplois ».
De nombreux problèmes subsistent, en particulier le chômage de longue durée et les trop rares possibilités d'emploi offertes aux jeunes (15-24 ans) et jeunes adultes (25-39 ans). Le taux de chômage des jeunes a sensiblement baissé dans l'UE, mais il reste très élevé. Le chômage de longue durée prend de l'ampleur. Au deuxième trimestre 2014, 12,4 millions de personnes au total (5,1% de la population active) étaient au chômage depuis plus d'un an dans l'UE, dont plus de la moitié depuis plus de deux ans. En Grèce et à Chypre, les taux de chômage de longue durée ont atteint des pics historiques.
La croissance du revenu des ménages (RDBM) dans l'UE s'est poursuivie, mais à un rythme plus lent. L'atténuation des difficultés financières des ménages à faible revenu observée au premier semestre 2014 semble stagner depuis quelques mois.
Réformes fiscales. Selon des chiffres de 2012 (dernières données disponibles de la 'revue'), la pression fiscale sur le travail a diminué dans moins de la moitié des États membres et seuls certains d'entre eux ont augmenté en parallèle la taxation de la consommation. La lutte contre la fraude et l'évasion fiscales, tout en poursuivant des objectifs sociaux, peut contribuer aux objectifs d'assainissement budgétaire et de soutien de l'emploi, rappelle la Commission.
Le secteur des services sociaux et des services de santé se caractérise par une main-d'oeuvre plus qualifiée que dans les autres secteurs, mais les emplois sont peu attractifs. Or, pour la Commission, le nombre d'emplois de ce secteur devrait croître (vieillissement de la main-d'oeuvre, conséquences économiques et sociales de la crise, progrès technologique). La crise économique et financière a révélé deux aspects des services sociaux et des services de santé: ils peuvent atténuer les effets de la crise, mais ils souffrent aussi des contraintes budgétaires touchant à leur financement, qui se traduisent par des coupes claires dans les prestations en nature. (LC)