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Bulletin Quotidien Europe N° 11226
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) russie

Mme Mogherini et M. Rinkevics relèvent des signes positifs

Riga, 08/01/2015 (Agence Europe) - La Haute Représentante, Federica Mogherini, tout comme le ministre letton des Affaires étrangères, Edgars Rinkevics, ont relevé des signes « positifs » mais « limités » de la part de la Russie vis-à-vis de la situation en Ukraine.

« Il y a quelques signes positifs limités du côté russe », a estimé Mme Mogherini lors d'une conférence de presse avec M. Rinkevics, jeudi 8 janvier, soulignant qu'il était important de voir la perception ukrainienne concernant ces signes. Elle a souligné que la situation sur le terrain était « légèrement meilleure » et que les Ukrainiens avaient perçu des « ouvertures limitées, quoique importantes » sur le terrain.

De son côté, la veille, M. Rinkevics avait considéré qu'il y avait une « sorte d'ouverture » qui pouvait être utilisée et qu'il y avait eu des « signes positifs ». Il a expliqué qu'il y avait eu, lors de consultations avec un vice-ministre russe des Affaires étrangères et des directeurs politiques, « quelques signaux de volonté pour lancer une sorte de nouvelle approche ».

M. Rinkevics à Moscou les 10 et 11 janvier

Mme Mogherini s'est cependant montrée prudente, expliquant que l'évaluation pourrait être faite plus clairement après la visite à Moscou, les 10 et 11 janvier, du ministre letton des Affaires étrangères. En effet, M. Rinkevics se rendra à Moscou, après être passé les 9 et 10 janvier par l'Ukraine. « Je serai en mission de reconnaissance », a plaisanté M. Rinkevics. En Russie, il rencontrera, entre autres, le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, et d'autres officiels du gouvernement « pour essayer de trouver de nouveaux moyens sur comment on peut s'engager dans des discussions sur le partenariat oriental ».

« Il nous faut trouver une possibilité de nouveau dialogue avec la Russie concernant la crise en Ukraine et les événements à l'est de l'Ukraine », a-t-il expliqué.

Mme Mogherini a salué cette visite, qu'elle a considérée comme « cruciale, car c'est à un moment précis où il y a des discussions sur la mise en oeuvre des accords de Minsk ». Selon elle, cette visite à Moscou est l'occasion d'essayer de comprendre les « intentions réelles, les possibilités réelles » côté russe, mais aussi de voir ce que l'UE peut faire pour soutenir une solution à la crise.

M. Rinkevics fera rapport lors du Conseil des Affaires étrangères du 19 janvier lors duquel les relations avec la Russie seront le sujet phare. Mme Mogherini a expliqué que la question d'une visite de sa part à Moscou serait discutée lors de ce même Conseil.

Révision des premières sanctions en mars

Interrogé sur les sanctions, le ministre letton a précisé que la situation serait réévaluée quand le mois de mars approchera, moment où les premières sanctions doivent être revues. Il a précisé que l'UE agirait en fonction des progrès ou des non-progrès. « Si la situation s'améliore dans l'est de l'Ukraine, nous soutiendrons certainement un assouplissement des sanctions », a-t-il expliqué, citant notamment le contrôle des frontières et les flux d'armement. « Nous devons faire preuve de souplesse. Si nous voyons des progrès, nous devons agir en conséquence », a-t-il dit. « S'il n'y en a pas, il n'y a aucune raison de lever les sanctions », a-t-il ajouté. Il a aussi considéré que s'il n'y avait pas eu de sanctions européennes, la situation aurait pu être pire, citant le risque d'un corridor de la Russie vers la mer Noire.

La Haute Représentante a rappelé l'importance de la mise en oeuvre de tous les points de l'accord de Minsk. « Il faut faire en sorte que le processus de Minsk se poursuive. (…) Ce que je puis dire avec certitude c'est que cela (les sanctions) dépendra de la situation sur le terrain », a-t-elle expliqué. « Si les ouvertures positives mais limitées débouchent sur quelque chose de plus à ce moment là, nous envisagerons les échéances de mars et les autres, sinon les États membres débattront sur la façon de faire face à la situation », a-t-elle ajouté.

Par ailleurs, la Lettonie, comme les autres pays baltes, la Pologne, la Suède, le Danemark, le Royaume-Uni ou encore l'Allemagne, soutient le projet d'une chaîne de télévision en russe pour contrer la propagande russe, qui pourrait diffuser ses émissions dans toute l'UE. Des discussions sont actuellement en cours à la Fondation européenne pour la démocratie et le processus devrait donner des résultats d'ici mai. 36% des Lettons sont russophones de naissance. (CG)

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