Bruxelles, 10/12/2014 (Agence Europe) - La Commission veut mettre sur pied un comité de pilotage du projet de 'corridor gazier sud', censé acheminer du gaz de la Caspienne vers l'UE en passant par la Turquie, a indiqué le commissaire en charge de l'Union de l'énergie, Maros Sefcovic, mardi 9 décembre.
À l'issue du Conseil Énergie, M. Sefcovic a précisé avoir eu, lors de sa visite au Kazakhstan et en Azerbaïdjan fin novembre, la confirmation des partenaires de l'UE dans le projet de 'corridor gazier sud' de leur volonté de mener à bien ce projet. « Nous espérons accélérer les travaux pour le corridor sud. Nous avons reçu des assurances très nettes de nos interlocuteurs. Les travaux respectent le calendrier. Il y a une véritable volonté de respecter les délais. On espère pouvoir livrer du gaz de la Caspienne à la frontière de l'UE d'ici 2019 », a assuré le commissaire, précisant vouloir mettre sur pied un comité de pilotage « afin de détecter en amont les problèmes et les résoudre si nécessaire au niveau politique ».
M. Sefcovic s'est aussi entretenu à ce sujet lundi avec le ministre turc de l'Énergie, Taner Yildiz, alors que la Turquie est courtisée par la Russie pour assurer le transit du gaz russe après l'abandon annoncé du projet de gazoduc South Stream (EUROPE 11214). « M. Yildiz a été très clair quant aux intentions turques sur le 'corridor gazier sud'. La Turquie veut encore bâtir ce projet en respectant le calendrier. Je ne crois pas que (le projet russo-turc) se fasse au détriment des intérêts européens », a jugé le commissaire.
Mardi, la Bulgarie, la Grèce et la Roumanie ont fait part de leur intention de développer un projet de 'corridor vertical' en Europe du Sud-Est, en s'appuyant sur les interconnexions avec le 'corridor sud'.
Le 'corridor gazier sud' doit acheminer du gaz du gisement de Shah Deniz en mer Caspienne via le gazoduc Transanatolien (Tanap) à travers la Géorgie et la Turquie, puis le gazoduc Transadriatique (TAP) à travers la Grèce, l'Albanie et l'Italie. Soutenu de longue date par la Commission, ce projet permettrait de satisfaire, à moyen terme, 20% des besoins de l'UE en gaz. Ce projet ne prévoit toutefois la livraison à l'Europe que de 16 milliards de m3 par an (contre 63 milliards de m3 pour South Stream).
Néanmoins, la Commission a élargi le champ des partenaires possibles de l'UE dans ce projet à d'autres pays, comme le Turkménistan ou encore l'Iran. Elle poursuit, depuis fin 2011, des pourparlers avec l'Azerbaïdjan et le Turkménistan sur la construction du gazoduc Transcaspien, une infrastructure sous-marine reliant les deux pays riverains de la Caspienne pour acheminer le gaz d'Asie centrale vers l'Europe. (EH)