Bruxelles, 10/12/2014 (Agence Europe) - Le Danemark conserve sa place de champion du monde en matière de lutte contre les changements climatiques, suivi par la Suède et le Royaume-Uni, tandis que le Canada et l'Australie sont, parmi les pays industrialisés, les derniers de la classe, selon l'Index 2015 des performances climatiques (CCPI) présenté par Germanwatch et CAN Europe, mardi 9 décembre à Lima, en marge des négociations climatiques internationales (COP 20).
La dixième édition de cet Index, qui établit chaque année le classement reprenant les 58 pays les plus grands émetteurs de gaz à effet de serre au monde, présente des signes encourageants. « La hausse des émissions mondiales de CO2 a connu un ralentissement et les renouvelables augmentent rapidement du fait de la baisse de leur coût et en raison d'investissements massifs », indique Jan Burck, de Germanwatch, auteur de l'Index.
Mais il n'y a pas de quoi pavoiser car « aucun pays ne fait assez pour lutter contre le changement climatique », soulignent les deux organisations. C'est la raison pour laquelle, d'ailleurs, les trois premières places du palmarès sont vacantes.
L'Inde mieux classée que neuf pays de l'UE. En Europe, le tableau est mitigé. Le Danemark (4ème place, grâce à sa politique de renouvelables), Suède (5ème place), Royaume Uni (6ème place) font bonne figure, suivis par le Portugal (7ème rang) et Chypre (8ème), mais l'Inde (31ème rang), dont le niveau d'émissions par tête d'habitant reste faible, est plus performante que neuf États membres de l'UE (la Finlande est 32ème, la Lituanie 33ème, la Croatie 34ème ; la Grèce 35ème, l'Autriche 36ème, la Pologne 40ème ; la Bulgarie 41ème). Le Maroc est passé dans le peloton de tête (9ème place, juste devant l'Irlande), grâce à une politique très ambitieuse en matière d'énergies renouvelables. La France est au douzième rang et recule de deux places par rapport à l'an dernier parce qu'elle n'accorde pas suffisamment d'importance aux énergies renouvelables.
« De nombreux pays de l'UE ont amélioré leur score cette année, mais certains, comme la Pologne et la Bulgarie, affichent de piètres performances, car ils sont opposés à prendre de nouvelles mesures nationales », commente Wendel Trio, directeur de CAN Europe.
Les organisations font observer que « ni l'objectif climatique de 2020, ni le nouveau pour 2030 ne sont en ligne avec les réductions requises de la part de l'Europe pour prévenir un changement climatique catastrophique et atteindre 100% de renouvelables à l'horizon 2050 ». Et d'ajouter: « Il faudrait pour cela que l'UE respecte son objectif de 20% d'efficacité énergétique d'ici à 2020, qu'elle procède immédiatement à l'élimination progressive des subventions aux combustibles fossiles et s'accorde sur une réforme fondamentale de son système d'échange de quotas d'émission (ETS) avant la conférence de Paris (COP 21) ».
Les États-Unis occupent la 44ème place et le Canada la 48ème. « L'administration Obama a récemment envoyé des signaux forts au monde témoignant qu'elle est plus engagée que jamais à réduire les émissions de carbone », souligne Alexander Ochs, directeur Climat et Énergie au Worldwatch Institute.
La Chine (45ème place), qui est le plus gros émetteur au monde, peut toutefois s'enorgueillir d'améliorations dans le secteur de l'efficacité énergétique et d'investissements massifs dans les renouvelables.
Les 58 pays du palmarès contribuent collectivement à 90% des émissions mondiales de CO2 liées à l'énergie. À la fin du classement figure l'Arabie saoudite (61ème rang). (AN)