Bruxelles, 10/12/2014 (Agence Europe) - Le groupe S&D au Parlement européen est d'avis que l'argent public qui financera des projets retenus dans le cadre du plan d'investissement de la Commission européenne ne devrait pas entrer dans l'évaluation du respect du Pacte de stabilité et de croissance.
« Nous devrions aller plus loin que ce que prévoit le plan 'Juncker' en accordant aux États membres plus de marge de manoeuvre dans l'application du Pacte de stabilité et de croissance: les contributions nationales au Fonds européen pour les investissements stratégiques ainsi que celles finançant directement les projets sélectionnés devraient être neutralisées au regard des règles budgétaires européennes », a déclaré le président du groupe S&D au Parlement européen, l'Italien Gianni Pittella, mardi 9 décembre, dans un communiqué. Selon lui, le Conseil européen des 18 et 19 décembre sera à ce titre « crucial » pour prendre une telle décision qui n'impliquerait pas une modification législative du Pacte.
S'exprimant à l'issue d'une réunion avec des personnalités social-démocrates telles que le vice-chancelier allemand, Sigmar Gabriel, le ministre français des Finances, Michel Sapin, et le président du PE, l'Allemand Martin Schulz, M. Pittella a estimé nécessaire d'en finir avec une approche purement comptable de l'application du Pacte dans la mesure où une telle approche « aveugle et erronée d'un point de vue stratégique » constituerait « la meilleure alliée des populistes et des eurosceptiques à travers l'Europe ». Et d'ajouter que l'économie européenne ne se redressera pas si les États membres n'ont pas la possibilité de relancer concrètement leur économie tout en mettant en oeuvre des réformes « effectives et substantielles ».
Loi 'Macron'. Mercredi 10 décembre, le gouvernement socialiste français a présenté un projet de loi destiné à stimuler l'activité économique et à prouver aux partenaires européens que la France est sérieuse en matière de réformes. Objectif: faire en sorte que la loi 'Macron', qui sera adoptée début 2015, soit prise en compte dans l'évaluation que fera la Commission des efforts français visant à réduire les déséquilibres macroéconomiques.
Le projet de loi vise à libérer l'activité économique (révision des règles tarifaires des professions réglementées du droit, ouverture de l'offre de service de transport par autocar, accroître la demande de logements intermédiaires), à stimuler l'investissement (accélération de grands projets comme le Grand Paris, développer l'actionnariat salarié et l'entrepreneuriat, placer l'épargne salariale au service du financement de l'économie, ouvrir le capital d'entreprises publiques telles que les aéroports de Lyon et de Nice) et à réformer le droit du travail (ouverture de magasins le week-end et en soirée, réforme de la justice du travail). (MB)