Bruxelles, 10/12/2014 (Agence Europe) - Pendant que la nouvelle commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, poursuivait, le jour même, sa visite à Washington pour relancer le processus des négociations de libre-échange entre l'UE et les États-Unis, la coalition des opposants au TTIP a montré, mardi 9 décembre à Bruxelles, que la résistance à ces pourparlers commerciaux restait vive.
Des militants de la coalition Stop TTIP ont mené une action symbolique, mardi, devant le siège de la Commission européenne, en offrant au président Jean-Claude Juncker une carte d'anniversaire - pour ses 60 ans - signée par plus d'un million de personnes. Rassemblant plus de 300 organisations de la société civile dans 24 pays de l'UE, Stop TTIP a lancé une pétition appelant à mettre fin aux pourparlers TTIP, mais aussi à bloquer l'accord de libre-échange avec le Canada (CETA) et les négociations pour un accord international sur les services (TiSA). En deux mois, ce texte a recueilli plus d'un million de signatures.
« M. Juncker doit rester fidèle à sa promesse d'être au service du bien commun et des citoyens européens. Les citoyens européens ne veulent plus de ces accords secrets. Ce qui sert le bien commun, c'est de protéger les services publics essentiels et les normes en matière d'environnement, de travail et de santé contre les intérêts mercantiles », a expliqué Michael Efler, porte-parole de Stop TTIP. En novembre, la coalition a saisi la Cour européenne de justice contre le rejet par la Commission de sa demande de statut d'initiative citoyenne européenne, qui aurait contraint l'exécutif européen à revoir sa politique commerciale.
Mardi, le groupe GUE/NGL au Parlement européen a co-organisé avec le think tank progressiste Transnational Institute une conférence visant à « montrer aux élites que la résistance à leurs politiques, incluant les négociations TTIP, reste forte ». « Le TTIP est un important point focal de notre protestation, mais nous devons aussi combattre le CETA, le TiSA et le TPP (partenariat TransPacifique, ndlr). Tous ces accords sont une menace pour la transparence et la démocratie, et ils sont conçus pour renforcer le pouvoir transatlantique qui favorise le pouvoir des entreprises sur les gens », a expliqué la présidente de la GUE/NGL, l'Allemande Gabi Zimmer. « Il ne s'agit pas seulement d'un combat contre le commerce, il s'agit aussi d'un combat pour la démocratie, les droits sociaux, l'environnement et la diversité culturelle. Bref, il s'agit de la façon dont nous voulons vivre dans l'avenir », a insisté Mme Zimmer.
Des militants, parlementaires nationaux et régionaux, syndicalistes et représentants de la société civile des deux rives de l'Atlantique ont participé à cette conférence aux côtés des représentants du groupe GUE/NGL membres de la commission du 'commerce international' du Parlement, l'Allemand Helmut Scholz, la Néerlandaise Marie Mineur et l'Italienne Eleonora Forenza, ainsi que de Michael Efler, de Stop TTIP. (EH)