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Bulletin Quotidien Europe N° 11213
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) Énergie

Réunion ministérielle de crise sur le dossier South Stream

Bruxelles, 05/12/2014 (Agence Europe) - Le commissaire en charge de l'Union de l'énergie, Maros Sefcovic, rencontrera, dans la soirée du mardi 9 décembre, les ministres des pays parties prenantes au projet de gazoduc South Stream, piloté et désormais menacé d'abandon par Gazprom.

« Il y aura une discussion et un débat politique dans la soirée. Il est prématuré de s'exprimer à ce sujet. Mais nous sommes bien conscients que cette réunion pourrait changer la donne », a seulement concédé une source diplomatique italienne, lundi. Cette réunion ministérielle se tiendra après la session du Conseil Énergie du 9 décembre dans un format limité aux ministres des pays parties prenantes au projet.

Piloté par le gazier russe Gazprom (50%), avec la participation de l'italien ENI (20%), du français EDF (15%) et de l'allemand Wintershall (15%), South Stream prévoit de relier la Russie au marché européen en passant sous la mer Noire, puis en traversant la Bulgarie et la Serbie avant de se diviser en deux branches, l'une vers l'Autriche en passant par la Hongrie, l'autre vers l'Italie en passant par la Slovénie. South Stream est censé acheminer 63 milliards de m3 de gaz russe par an vers l'Europe, soit plus de 10% de la demande européenne. Le coût du projet a été chiffré à plus de 40 milliards de dollars.

En visite à Ankara le 1er décembre, le président russe, Vladimir Poutine, avait laissé entendre un possible abandon de South Stream, justifiant le renoncement à ce projet par le refus de la Bulgarie d'autoriser le passage du gazoduc sur son territoire pour sa non-conformité à la législation communautaire. Un abandon définitif qui avait été confirmé peu après par le PDG de Gazprom, Alexeï Miller. Le jour même, Gazprom et le gazier turc Botas avaient annoncé la signature d'un protocole d'accord pour la construction d'un gazoduc reliant la Russie et la Turquie sous la mer Noire, pour transporter 63 milliards de m3 de gaz par an, dont 14 milliards seraient destinés à la Turquie et le reste serait acheminé à la frontière turque avec la Grèce.

Réduire à zéro le transit par l'Ukraine. Le week-end passé, M. Miller a confirmé l'intention de la Russie de trouver un itinéraire alternatif pour son gaz, en faisant de la Turquie sa plateforme privilégiée. « Le rôle de l'Ukraine comme pays de transit sera réduit à zéro. Les livraisons de gaz à l'Europe seront faites à travers des itinéraires alternatifs », a expliqué le PDG de Gazprom, dans un entretien à la chaîne de télévision russe Rossiya 24, diffusé le 6 décembre. La Russie mise sur la Turquie, son « nouveau partenaire stratégique dans le secteur du gaz », a insisté M. Miller. Gazprom a annoncé, lundi 8 décembre, la création d'une société pour construire le nouveau gazoduc russe vers la Turquie, appelée Gazprom Rousskaïa. (EH)

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