Bruxelles, 08/12/2014 (Agence Europe) - Les négociations climatiques internationales sont entrées lundi 8 décembre dans la phase décisive à Lima (COMP 20, 8-21 décembre) pour engranger des progrès sur les éléments constitutifs de l'accord climatique mondial ambitieux à conclure à Paris en 2015 afin de maintenir le réchauffement planétaire en-dessous de deux degrés Celsius.
C'est forts d'un objectif de réduction d'au moins 40% des émissions de l'UE à l'horizon 2030 et d'une contribution substantielle au Fonds vert pour le climat pour soutenir les efforts d'adaptation et d'atténuation des pays en développement, que Miguel Ariate Canete, commissaire européen à l'Action pour le climat, et Gian Luca Caletti, président du Conseil Environnement, négocieront main dans la main au nom de l'UE. Déterminés à contribuer à ce que la conférence de Lima permette dans un an la conclusion d'un accord mondial, juridiquement contraignant, avec tous les pays à bord, pour remplacer le Protocole de Kyoto, ils appellent les économies majeures à y mettre du leur (EUROPE 11211)
Le Parlement européen, représenté par une délégation de douze parlementaires conduite par Giovanni La Via (PPE italien) ne sera pas en reste et compte faire entendre sa voix, même s'il ne fait pas partie de l'équipe des négociateurs de l'UE. A l'heure où les ONG s'impatientent de la lenteur des progrès engrangés lors de la première semaine de négociation consacrée à l'examen de projets de texte, la délégation du Parlement espère que l'UE pourra nouer des alliances pour susciter des engagements forts de toutes les parties, à commencer par les grandes économies émergentes. « Cette semaine a été une semaine de propositions et de clarifications. La semaine prochaine devra être une semaine de dialogue », a averti Manuel Pulgar-Vidal, ministre de l'Environnement du Pérou, qui préside la COP 20.
Un test pour la diplomatie de l'UE. « À Lima notre défi sera de convaincre toutes les parties et les autres acteurs qu'il doivent s'entendre sur une politique climatique ambitieuse et la mettre en oeuvre, avant tout pour sauver la planète, mais aussi pour créer de l'emploi. Cela exige de la communauté internationale qu'elle intensifie ses efforts. Nous avons réussi à engranger des progrès au sein de l'UE sur les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, mais nous devons garantir que cela soit le cas aussi au niveau international », estime Giovanni La Via. Selon lui, la contribution des États-Unis et de la Chine - en tant que plus gros émetteurs au monde - sera cruciale. « Toutefois, l'UE doit rester aux avant-postes pour oeuvrer à l'obtention du meilleur accord possible », fait-il valoir, estimant que « Lima comme Paris l'an prochain seront un test pour la diplomatie de l'UE ».
Ban-ki Moon, Secrétaire général des Nations Unies, comme l'UE, se disent encouragés par l'accord sino-américain en vertu duquel les États-Unis se sont fixé comme objectif de réduire leurs émissions de 26 à 28% (par rapport à 2005) à l'horizon 2025, tandis que la Chine s'est engagée à parvenir à un pic de ses émissions autour de 2030 et à accroître la part des combustibles non fossiles dans la consommation d'énergie primaire d'environ 20% dès 2030. Mais pour que Paris soit un succès, les négociateurs auront fort à faire pour qu'en une semaine, à Lima, les engagements des pays développés satisfassent les attentes des pays en développement qui sont les plus durement frappés par le changement climatique. (AN)