Bruxelles, 08/12/2014 (Agence Europe) - Le vice-président de la Commission européenne pour le Marché unique numérique, Andrus Ansip, regrette l'absence de compromis au dernier Conseil « télécoms » sur le paquet « continent connecté » (EUROPE 11206). Il craint qu'un délai supplémentaire ne fasse perdre à l'Union européenne l'élan qu'elle avait choisi de prendre en faveur d'une économie tournée vers le numérique.
Dans un discours prononcé lundi 8 décembre devant les participants à la conférence annuelle des opérateurs mobiles européens « GSMA Mobile 360-Europe », M. Ansip a déclaré: « Malgré le travail des trois présidences successives de l'UE (…) nous attendons tous la position du Conseil pour commencer les négociations avec le Parlement européen. J'encourage les ministres européens à intensifier et compléter les discussions techniques afin que ces négociations (avec le Parlement, NdlR) puissent débuter le plus vite possible », en appelant les États membres à être ambitieux. Il n'a montré aucune ambigüité quant à la disparition des frais d'itinérance (« Je continuerai à travailler pour mettre fin aux frais supplémentaires du roaming en Europe (…) Ils n'ont rien à faire dans les marchés de télécoms et le marché unique numérique dont l'Europe a si désespérément besoin (…) Ils restent irritants et anormaux ») et à la nécessité d'une politique de gestion du spectre ouverte et partagée (« Un spectre ouvert est la base pour une société qui fonctionne numériquement et la demande en technologie numérique (…) Idéalement, les pays européens devraient bien plus travailler ensemble dans l'allocation du spectre ». Quant à la neutralité du net, autre pierre d'achoppement au Conseil avec l'itinérance, ce principe a besoin d'être « inscrit dans la loi ». Les États membres doivent s'entendre sur une définition commune de la neutralité du net, a indiqué M. Ansip, en soulignant que l'accès aux contenus en ligne devait être garanti pour tout le monde, sans entraves, ni ralentissement des flux. « Internet est universel et nous devons le garder comme tel ».
Par ailleurs, GSMA a rendu public dans le cadre de la conférence les conclusions d'un rapport sur la 4G en Europe (« Mobile Economy: EUROPE 2014 »). Les experts estiment que la rapide migration vers les services et appareils 4G en Europe aidera à stimuler le redressement de l'industrie mobile sur le continent. La 4G comptera pour plus de la moitié des connexions mobiles en Europe d'ici 2020 et pour plus de 10% déjà en 2015. Une tendance qui alimentera la soif des consommateurs pour la nouvelle vague de services mobiles innovateurs et qui aidera par là même les opérateurs européens à stabiliser leurs revenus et leurs bénéfices après plusieurs années de déclin, expliquent les auteurs. Le rapport appelle également à une nouvelle forme de partenariat entre l'industrie mobile et les décideurs européens, afin d'encourager une nouvelle ère d'investissement et d'innovation dans les réseaux de nouvelle génération. « Mais cet aperçu positif pour l'industrie reste fragile, particulièrement à la lumière des préoccupations renouvelées sur la situation macro-économique en Europe. L'industrie attend par conséquent de travailler avec la nouvelle Commission et le Parlement sur un nouvel agenda commun qui permettra un redressement durable et donnera l'élan nécessaire à une économie numérique qui soit leader mondial et à une société connectée », a commenté Anne Bouverot, directrice générale chez GSMA. (IL)