Bruxelles, 08/12/2014 (Agence Europe) - Une vingtaine d'associations actives dans l'environnement et l'égalité des chances ont adressé une lettre à la Commission européenne lui demandant d'ignorer les souhaits de certains lobbys, notamment les représentants des patrons européens, en matière de révision de la législation et de textes que ces lobbys aimeraient voir disparaître, a rapporté Euractiv vendredi 5 décembre.
Selon les patrons européens, Frans Timmermans, responsable de la refonte de la législation européenne et qui annoncera les projets de la Commission le 17 décembre à Strasbourg, les règles européennes sur la représentation féminine dans les conseils d'administration, l'extension du congé maternité, la réduction de la pollution ou l'introduction de la taxe sur les transactions financières devraient être reconsidérées car elles nuiraient à la compétitivité des entreprises. Le paquet sur l'économie circulaire qui comporte des dispositions sur les déchets devrait être retiré et reformulé, a expliqué BusinessEurope et l'organisation patronale a des préoccupations également sur les règles à venir sur les minerais rares dans les zones de conflit ainsi que sur le système d'échange de quotas d'émission de gaz à effet de serre.
Parmi les signataires de cette lettre figurent les ONG Greenpeace, Oxfam International, le BEUC, WWF ou encore le Lobby européen des femmes. Ces associations réfutent les arguments des patrons et pensent au contraire que disposer de standards sociaux et environnementaux plus élevés renforcera la compétitivité des entreprises.
Le premier vice-président de la Commission Frans Timmermans, conformément au programme politique de Jean-Claude Juncker, scrute actuellement 130 législations pendantes afin de déterminer lesquelles doivent être poursuivies ou abandonnées. Des annonces ont déjà été faites, notamment par le commissaire Dimitris Avramopoulos, qui a indiqué la semaine dernière que serait retiré un paquet législatif jugé coûteux par le PE et le Conseil, à savoir celui des 'frontières intelligentes'. D'autres intentions ont été affichées notamment du côté du commissaire britannique aux Services financiers Lord Hill, qui souhaite retirer certaines réformes et décaler la réforme du secteur bancaire, a rapporté EuObserver. Jeudi 11 décembre, Jean-Claude Juncker sera aux côtés des présidents de groupes du PE pour évoquer avec eux le programme de travail 2015 de la Commission européenne. (SP)