login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11213
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) Économie

Budgets 2015, l'Eurogroupe avalise l'analyse de la Commission

Bruxelles, 08/12/2014 (Agence Europe) - Les ministres des Finances de la zone euro partagent « globalement » l'analyse de la Commission européenne sur les projets de budget de seize pays de l'Eurozone.

L'Eurogroupe constate lundi 8 décembre que, sur la base des seize projets de budget transmis à la Commission par l'ensemble des pays de la zone euro sauf la Grèce et Chypre (EUROPE 11212), le déficit agrégé dans la zone euro atteint 2,6% et 2,4% du PIB en 2014 et 2015, tandis que le niveau de dette agrégée est en passe d'être stabilisée et de retrouver une trajectoire baissière. Le caractère « globalement neutre » de la consolidation budgétaire reflète « un équilibre entre les exigences de durabilité » des finances publiques et la faiblesse actuelle de la conjoncture économique, souligne-t-il, tout en constatant que l'évaluation de la Commission des projets de budget 2015 met en évidence « une distribution irrégulière », plusieurs États membres courant le risque de ne pas respecter leurs obligations actuelles au titre du Pacte de stabilité et de croissance alors que d'autres devraient dépasser leurs objectifs.

L'Eurogroupe se félicite qu'aucun projet de budget n'ait été purement et simplement rejeté par la Commission européenne. Il reprend à son compte la classification en trois groupes de tous les pays de la zone euro sauf la Grèce et Chypre qu'a opéré l'institution européenne: - les projets de budget 2015 de cinq pays (Allemagne, Irlande, Luxembourg, Pays-Bas, Slovaquie) apparaissent conformes au Pacte de stabilité et de croissance ; - les projets de quatre pays (Estonie, Lettonie, Slovénie, Finlande) ont présenté des projets conformes aux règles budgétaires européennes ; - les projets de sept États (Belgique, Espagne, France, Italie, Malte, Autriche, Portugal) présentent en revanche un risque de non-conformité avec les dispositions du Pacte.

Néanmoins, quelle que soit la catégorie dans laquelle un État est situé, « il n'y a aucun pays qui ne pourrait pas améliorer sa situation macro-économique et, j'allais dire, budgétaire », a estimé le commissaire chargé des Affaires économiques, Pierre Moscovici. Selon lui, l'effort budgétaire structurel, les réformes structurelles et l'investissement sont « la clé » de la reprise économique. Le président de l'Eurogroupe, Jeroen Dijsselbloem, a réitéré la nécessité pour les pays de la zone euro de poursuivre la consolidation budgétaire « de façon différenciée et qui soit propice à la croissance » et les réformes structurelles, afin de faire face aux défis du chômage, notamment des jeunes et du vieillissement de la population.

Sur les sept pays dont le projet de budget 2015 risque de ne pas respecter les règles du Pacte de stabilité, la France, la Belgique et l'Italie font l'objet d'une évaluation méticuleuse dont le verdict final sera rendu début mars 2015. Ce délai accordé n'est « pas du temps pour de l'évaluation, mais pour de l'action », a souligné M. Moscovici, désireux que les trois pays détaillent davantage les mesures budgétaires structurelles (hors conjoncture économique) et les réformes structurelles qu'ils entendent adopter d'ici là.

France. Paris fait l'objet d'une procédure pour déficit excessif. L'Eurogroupe note le fossé entre l'effort budgétaire structurel requis (0,8%) et l'évaluation de la Commission (0,3%) sur la base du projet français de loi de Finances 2015. « Sur cette base, des mesures supplémentaires seraient nécessaires pour permettre une amélioration de l'effort structurel afin de se conformer aux règles du Pacte », estime l'Eurogroupe dans sa déclaration. Il accueille favorablement « les engagements » français à accomplir l'effort structurel nécessaire pour 2015 et à s'attaquer aux « faiblesses structurelles » de l'économie du pays. Le gouvernement français présentera, mercredi 10 décembre, un projet de loi qui facilitera l'ouverture des commerces le dimanche et insufflera davantage de concurrence dans certaines professions règlementaires (ex: notariat). Dimanche 7 décembre, la chancelière allemande Angela Merkel avait jugé insuffisant l'effort budgétaire inscrit dans le projet de budget français actuel.

Italie. Le haut niveau d'endettement public italien continue d'inquiéter les ministres, qui reconnaissent aussi la difficulté à réduire la dette lorsque la croissance est atone et l'inflation très faible. Notant une différence de 0,4% du PIB entre l'effort structurel annoncé par Rome (0,1%) et l'évaluation de la Commission (0,5%), l'Eurogroupe est d'avis que des mesures supplémentaires sont nécessaires. Il accueille favorablement l'engagement des autorités italiennes à appliquer les mesures nécessaires pour respecter les règles du volet 'préventif' du Pacte ainsi que l'utilisation de marges inattendues, de coupes budgétaires imprévues et des revenus issus de privatisations pour ramener la dette italienne sur une trajectoire baissière.

Belgique. L'appréciation de l'Eurogroupe vis-à-vis de la dette belge est globalement identique à celle relative à la dette italienne. Les ministres notent aussi que la Commission évalue l'effort structurel à 0,4% du PIB, là où un effort de 0,6% est requis dans le cadre du volet préventif du Pacte. « Sur cette base, des mesures suivies d'effets seront nécessaires pour permettre une amélioration de l'effort structurel » pour respecter le Pacte, estiment-ils. Ils saluent aussi le fait que la Belgique se soit engagée à mettre en oeuvre les mesures nécessaires pour que son budget 2015 soit en ligne avec le Pacte de stabilité et de croissance. Sont particulièrement salués les engagements à utiliser les recettes supplémentaires, à faire davantage d'économies supplémentaires et à accélérer les privatisations pour contenir et diminuer le ratio dette/PIB belge. (MB et EL)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
POLITIQUES SECTORIELLES
ACTION EXTÉRIEURE
INSTITUTIONNEL
AFFAIRES & ENTREPRISES N° 127
SUPPLÉMENT HEBDOMADAIRE