Bruxelles, 21/11/2014 (Agence Europe) - Les producteurs de l'European Milk Board (EMB), très inquiets de la fin des quotas laitiers en avril 2015, proposent la mise en place d'un bonus/malus pour réguler le marché en cas de crise et se disent prêts à descendre dans la rue pour se faire entendre.
« Le marché est saturé, les prix diminuent, s'effondrent », a dénoncé le président de l'EMB, l'Allemand Romuald Schaber, lors d'une conférence de presse organisée en France jeudi 20 novembre. L'association revendique 100 000 membres dans 14 pays européens.
L'EMB propose la création à l'échelle européenne d'un « programme de responsabilisation du marché ». Le programme suggéré par l'EMB s'appuie sur une agence de surveillance du marché européen du lait capable d'alerter rapidement en cas de crise. Dans une telle situation s'appliquerait alors un système de bonus/malus: « Si le producteur augmente quand-même sa production, il a une pénalité, s'il la baisse, il a une prime », a expliqué M. Schaber et ce, pour une durée pouvant aller jusqu'à six mois.
« C'est un système de gestion de crise, pas un système de quotas », a assuré Paul de Montvalon, membre français du comité de direction. Les membres du comité directeur ont également fait état des prix en chute libre dans leur pays respectif. Un phénomène aggravé par l'embargo russe sur les produits agricoles de l'UE. La fin des quotas, annoncée pour le 1er avril 2015, ouvre la voie à une libéralisation sans aucun contrôle des volumes produits. M. de Montvalon juge qu'il faut absolument que l'on régule les volumes. Les producteurs espèrent que leur proposition sera retenue par la Commission européenne. Dans le cas contraire, « on va être obligés de revenir faire des manifestations. On ne va pas se laisser faire », a prévenu le membre belge du comité directeur, Erwin Schöpges. « On a déjà planifié le programme des manifestations », dont la première aura lieu le 11 décembre à Bruxelles « et au fur et à mesure, on va augmenter la pression », a-t-il ajouté.
« Nous nous rapprochons dangereusement des conditions de crise subies en 2009 et 2012. La situation actuelle sur le marché poussera à nouveau les paysans à battre le pavé », a conclu Romuald Schaber. (LC)