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Bulletin Quotidien Europe N° 11189
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) grÈce

Options et préférences de l'Eurogroupe pour la sortie du plan d'aide

Bruxelles, 31/10/2014 (Agence Europe) - Prudente, soutenable et crédible. Telle est décrite la sortie de programme d'ajustement rêvée par l'Eurogroupe pour la Grèce.

Il semblerait que la boîte à outils du Mécanisme européen de stabilité (MES) contienne la ligne de crédit de précaution taillée sur mesure pour Athènes. S'il ne faut pas tirer sur l'ambulance, il se pourrait que le remède requis pour accompagner la convalescence de la Grèce soit une fois encore contesté par le patient.

Deux lignes de crédit préventives du MES sont envisageables: la 'ligne de crédit de précaution conditionnelle' ou PCCL (Precautionary conditioned credit line') et la ligne de crédit aux conditions renforcées ou ECCL (Enhanced conditions credit line'). La 1ère est réservée aux États ayant une situation économique et financière saine et qui remplissent tous les critères d'éligibilité. Lorsque l'on n'est pas éligible à la ligne de crédit 'PPCL', reste l'option de la ligne de crédit 'ECCL', vue comme plus contraignante. Une ligne de crédit de précaution est active pour un an, renouvelable deux fois par période de six mois.

La Grèce ne semble pas remplir tous les critères pour être éligible à une ligne de crédit 'PCCL', notamment du point de vue de ses 'antécédents' en matière d'accès aux marchés financiers « à des conditions raisonnables ». Il faudra également voir ce que les plus récentes projections de la 'troïka' révèlent pour la dette, car la durabilité de celle-ci fait également partie des critères d'éligibilité. Les estimations d'octobre d'Eurostat, calculées avec la nouvelle méthode SEC 2010, donnent la dette à 174,9% du PIB en 2013, contre 175,1% selon les données d'avril.

Le FMI est le plus sourcilleux sur la question de la soutenabilité de la dette. Interrogé en juin dernier pour savoir s'il considérait que la dette grecque était soutenable, William Murray, conseiller en communication à l'institution de Washington, s'est borné à répondre qu'il y avait un cadre en place convenu avec les partenaires européens de la Grèce pour fournir une nouvelle réduction de la dette en vue de parvenir à un ratio dette/PIB de 124% du PIB en 2020 et substantiellement sous le seuil de 110% en 2022. Mi-octobre, le directeur général du Fonds européen de stabilité financière (FESF), Klaus Regling, avait estimé que le besoin de réduire la dette grecque était « limité », dans une interview à MNI. « Il n'y a pas d'endettement excessif qui menace la Grèce », avait-il déclaré, jugeant qu'une analyse portant uniquement sur le ratio dette/PIB était trop étroite. L'appétit de l'Eurogroupe pour agir sur la dette grecque est donc frugal. Même du côté grec, les déclarations publiques semblent évincer le sujet.

Plus ça change, plus c'est la même chose. L'opinion générale au sein de l'Eurogroupe serait que la Grèce doive contracter une ligne de crédit 'ECCL' à sa sortie de programme. La couleuvre sera difficile à avaler pour le gouvernement grec car cette ligne de crédit s'accompagne en principe d'un protocole d'accord décrivant les 'mesures correctives' à prendre pour corriger les faiblesses identifiées. Une surveillance renforcée sera également mise en place, avec des missions régulières, en principe tous les trimestres, comme c'est le cas actuellement. Enfin, qu'elle soit utilisée ou pas, la ligne de crédit a un coût du fait que le MES doit avoir la liquidité prête en cas de besoin. Il s'agit d'une 'commission d'engagement' ('commitment fee') et d'une petite marge, payée en même temps que les intérêts, d'un maximum de 35 points de base en cas d'une ligne de crédit de précaution (soit 0,35 point de pourcentage).

La Grèce, qui doit quitter le programme de l'Eurozone fin 2014 et espère en parallèle une sortie anticipée de celui du FMI, est dans une position d'équilibriste. Elle a promis à sa population, épuisée par des années de purge budgétaire, un départ rapide de la 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI). Le gouvernement est en outre exposé au risque d'élections anticipées s'il ne réunit pas 180 voix au Parlement national pour le vote sur le successeur du président. La coalition repose actuellement sur 155 députés.

Selon le WSJ, l'eurozone pencherait pour que le FMI continue d'être impliqué. Un arrangement avec l'institution de Washington, calqué sur ce qui a eu lieu pour le plan d'aide au secteur bancaire espagnol, serait envisageable, pour donner plus de latitude au gouvernement grec. Quant aux 11 milliards d'euros de l'enveloppe initialement réservée au secteur bancaire et qui pourrait être remboursés au FESF pour réduire la dette et être utilisés comme ligne de crédit, certains se demanderaient si cette somme suffirait.

Pas de date de retour de la 'troïka' fixée. Reste qu'avant de prétendre à une sortie du programme, la Grèce doit finir son programme. Une dernière mission de suivi doit avoir lieu, interrompue jusqu'ici pour des questions d'agenda. La Commission, qui parlait jusqu'il y a peu d'un retour à Athènes début novembre, a refusé, vendredi 31 octobre, de se prononcer sur le calendrier. Elle attend des progrès sur la prise de certaines mesures en Grèce avant toute chose. Selon la presse grecque, le gouvernement devait envoyer des propositions vendredi ou samedi. La Grèce voudrait boucler cette mission d'ici à l'Eurogroupe de décembre. (EL)

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