Bruxelles, 31/10/2014 (Agence Europe) - Quelques mois après une guerre à Gaza qui a fait plus de 2 200 morts, le directeur général de l'Al Mezan Center for Human Rights, Issam Younis, est d'avis qu'Israël doit être mis face à ses responsabilités.
« La responsabilité est manquante », a expliqué M. Younis à EUROPE, vendredi 31 octobre, considérant que cette guerre était « sans précédent » en termes de crimes commis. Pour lui, « la justice est un pilier pour la paix. Il faut apporter de la justice aux victimes ». Et poursuivre les responsables n'est pas seulement une question de « justice » mais « une action préventive ». « Il y aura d'autres guerres si Israël pense qu'elle a l'immunité. Il faut de la responsabilité pour s'assurer que les choses ne vont pas se répéter », a-t-il ajouté.
Selon lui, la principale responsabilité de la communauté internationale, selon la loi internationale, est morale et politique: ceux qui ont perpétré des exactions doivent être tenus pour responsables. « La Cour pénale internationale est la dernière option pour les Palestiniens », a-t-il souligné, convaincu que l'UE devrait pousser la Palestine à aller devant cette Cour.
L'UE devrait reconsidérer son engagement. M. Younis a considéré que l'Union européenne devait reconsidérer son engagement. « L'UE a un intérêt important à jouer un rôle politique pour que la situation change », a-t-il ajouté. Pour lui, si l'UE joue le rôle de donneur - elle est d'ailleurs le principal donneur de l'Autorité palestinienne, elle doit aussi contribuer à la paix. « La paix et la sécurité sont encore loin », a expliqué le militant des droits de l'homme. « Il n'y a de paix et de sécurité ni pour les Israéliens ni pour les Palestiniens », a-t-il ajouté. Le militant des droits de l'homme a rappelé que l'UE défendait une solution à deux États. Elle sait aussi qu'avec l'expansion des colonies « très bientôt, ce sera trop tard: le temps presse », a-t-il indiqué. Il a rappelé que, pendant ce temps là, Israël changeait la géographie et la démocratie du territoire. Et de souligner: « l'occupation est le mot clé » et doit cesser.
Interrogé sur le fait que l'UE faisait régulièrement part de son mécontentement quant aux nouvelles colonies, il a rétorqué: Israël agit, les autres parlent. « Cela doit s'arrêter », a ajouté M. Younis, précisant que l'UE savait exactement quoi faire. Il a mis en avant le fait que les fonds devaient être accompagnés de pression politique, que l'UE avait des accords et des relations bilatérales avec Israël et qu'elle devait reconnaître l'État de Palestine. Mais les décisions se font attendre: depuis 20 ans, l'UE se demande si elle va ou non mettre un label venant des colonies ! Et M. Younis de souligner que l'UE était partie de la convention de Genève et devait la faire respecter. (CG)