Bruxelles, 31/10/2014 (Agence Europe) - Les coordinateurs des quatre principaux groupes politiques de la commission de l'agriculture du Parlement européen ont écrit, mercredi 29 octobre, au nouveau président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, pour lui demander de réviser la proposition visant à activer la réserve (en cas de crise agricole) pour financer les mesures prises pour atténuer les effets de l'embargo russe sur les produits agricoles de l'UE.
Dans son projet de budget communautaire pour 2015 (après lettre rectificative), la Commission européenne prévoit en effet que, sur les 433 millions d'euros de la réserve de crise agricole (constituée à partir d'une réduction de 1,3% des paiements directs), il ne restera que 88 millions d'euros. En effet, 344 millions d'euros sont déjà destinés aux mesures de soutien des marchés prises jusqu'à maintenant pour limiter l'impact des restrictions imposées par Moscou.
Or, dans leur lettre, Albert Dess (chrétiens-démocrates), Paolo De Castro (socialistes), James nicholson (conservateurs) et Jens Rohde (libéraux) soulignent que la « crise agricole actuelle est la conséquence d'une décision de politique étrangère et pas d'une défaillance du marché ». Le projet de budget 2015 doit être désormais discuté entre le Parlement européen et le Conseil.
Le premier plan d'urgence fruits et légumes coûtera moins que prévu
Y aura-t-il des fonds supplémentaires pour financer de nouvelles mesures ? C'est fort possible. Selon les premiers chiffres communiqués par les États membres à la Commission européenne, sur les 175 millions d'euros d'aides d'urgence demandées dans le cadre du premier plan de soutien au secteur des fruits et légumes périssables pour faire face à l'embargo russe, seuls 55 millions d'euros seraient finalement confirmés. En effet, les autorités polonaises ont adressé à la Commission une demande pour seulement 25,8 millions d'euros, alors que dans un premier temps, elles demandaient 147 millions. C'est cet afflux de demandes en provenance de Pologne qui avait forcé la Commission à suspendre son premier plan (de 125 millions €) et à en proposer un nouveau, mieux ciblé, de 165 millions d'euros. Pour les producteurs qui ne sont pas membres d'organisations de producteurs, la Commission avait demandé aux États membres de mener des contrôles dans chaque exploitation ayant fait une demande d'aide. En Pologne, nombreuses sont celles qui n'ont donc pas été jugées recevables. Les fonds supplémentaires ainsi disponibles devraient permettre de réduire la ponction proposée par la Commission européenne dans la réserve de crise et, donc, de faciliter la mise en place d'aides compensatoires aux producteurs laitiers des pays baltes et de Finlande, fortement affectés par les restrictions russes. (LC)