Bruxelles, 23/10/2014 (Agence Europe) - Dans leur dernière ligne droite, les négociations entre les chefs d'État et de gouvernement des 28 sur les objectifs chiffrés, la nature de ces objectifs (contraignants ou pas) et les derniers ajustements méthodologiques du cadre intégré pour les politiques du climat et de l'énergie à l'horizon 2030 s'annonçaient chaudes, jeudi 23 octobre à Bruxelles, mais, en dépit de l'incertitude sur le contenu final de l'accord, le climat était à la confiance, à l'ouverture du Conseil européen (EUROPE 11182, 11181, 11179).
« Tout se passera bien finalement parce qu'il n'y a pas trop de sujets difficiles », a estimé Dalia Grybauskaité, présidente de la Lituanie. Même optimisme chez le Premier ministre finlandais, Alexander Stubb, qui a osé un pronostic. « Je pense qu'on s'entendra sur un objectif de réduction des émissions de 40% et que l'on va tenter de s'entendre sur un objectif de 27% tant pour les renouvelables que pour l'efficacité énergétique », a-t-il déclaré. Convaincu que les 28 parviendront à « un bon accord », il a jugé « très important que, quel que soit l'accord, celui-ci reflète un bon rapport coût/efficacité ».
Signe qu'un accord est possible, David Cameron, Premier ministre britannique, interrogé à son arrivée par la presse sur ses attentes pour ce Conseil européen, a évoqué la nécessité de s'attaquer aux menaces majeures (l'Ebola et les menaces sur l'économie) sans même mentionner le climat et l'énergie.
Sans s'avancer sur les objectifs d'énergies renouvelables et d'efficacité énergétique, Herman van Rompuy, prudent, semblait convaincu, devant les partenaires sociaux, qu'un accord était possible. « L'objectif est de s'entendre - ce soir - sur le cadre politique Climat/Énergie pour les dix prochaines années, le plus ambitieux au monde et qui soit cependant d'un bon rapport coût/efficacité et équitable. Ce cadre devrait inclure un objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40% (par rapport à 1990: NDLR), accroître la part d'énergies renouvelables, améliorer l'efficacité énergétique et stimuler les interconnexions énergétiques ». Et d'ajouter: « je suis confiant que nous serons en mesure d'atteindre cet accord final ce soir ». Selon lui, cet accord est «crucial, pour le climat mondial, pour la santé des citoyens européens, pour le rôle de chef de file que joue l'UE dans les négociations climatiques internationales, pour des emplois durables et pour la compétitivité européenne, et pour la sécurité de l'approvisionnement énergétique aussi. »
Quant à savoir si le niveau d'ambition de l'accord sur le cadre Climat/Énergie sera suffisant, c'est une autre affaire. À l'heure où nous mettions sous presse, Martin Schulz, président du Parlement européen, rappelait aux chefs d'État et de gouvernement que c'est en faveur de trois objectifs ambitieux et contraignants que s'était prononcé le Parlement précédent (40% pour la réduction des émissions, 30% pour les renouvelables, 40% pour l'efficacité énergétique). (AN)